Birmanie: Trois évêques dénoncent les atrocités dans l'Etat Kachin

200’000 déplacés depuis 2011

Naypyidaw, 20 août 2014 (Apic) Trois évêques catholiques de Birmanie ont lancé un appel à la cessation immédiate des hostilités dans les régions ravagées par la guerre civile et en proie au trafic de stupéfiants et des êtres humains. Ces conflits ethniques ont fait plus de 200’000 déplacés depuis 2011 et des milliers de morts, en particulier dans l’Etat Kachin où des combats opposent l’armée régulière aux insurgés.

Dans une longue déclaration, les évêques évoquent les personnes innocentes tuées et enterrées dans des fosses communes, rapporte le 19 août 2014 Radio Vatican. Les prélats dénoncent également les déplacés entassés dans des camps dans des conditions indignes et inhumaines, ainsi que les centaines de femmes sans ressources de l’ethnie kachin cédées comme des marchandises à des trafiquants d’êtres humains et vendues comme esclaves, même au-delà des frontières birmanes. La guerre a favorisé la circulation de la drogue dans les zones kachin. La mafia a le champ libre et des centaines de jeunes sont aujourd’hui toxicomanes. Selon les militants des droits de l’homme, la police et l’armée birmanes ont systématiquement recours à la torture contre des civils.

Le fédéralisme pour protéger les minorités

Habituellement discrets et peu habitués à s’exprimer publiquement, relève Radio Vatican, les trois évêques birmans n’hésitent cependant pas à évoquer «le génocide croissant de toute une génération, comme s’il y avait une volonté de détruire la jeunesse du peuple Kachin». Les prélats s’adressent à tous les acteurs du conflit pour leur demander de chercher une solution politique durable, sous la supervision de la communauté internationale, et de rétablir la paix basée sur la justice.

Pour les évêques, toutes les tentatives pour s’emparer des terres ancestrales des minorités ethniques doivent être stoppées immédiatement. Selon eux, le problème kachin, comme celui des autres ethnies, pourrait être résolu par l’instauration d’un véritable fédéralisme qui reconnaîtrait les lois coutumières ethniques et assurerait l’intégrité de l’identité ethnique, de la culture et des ressources. L’Eglise, avec l’aide de la communauté internationale et d’organisations locales, a pu secourir plus de 75% des victimes de la guerre. Mais la paix est toujours incertaine. (apic/rv/eda/rz)

20 août 2014 | 09:29
par webmaster@kath.ch
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