Les attentes du Père Lombardi pour les mois à venir

2009: L’année de l’Afrique au Vatican, selon le porte-parole du Saint-Siège

Propos recueillis à Rome par Antoine-Marie Izoard

Rome, 24 décembre 2008 (Apic) A la veille de Noël et d’une nouvelle année, le père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a reçu l’hebdomadaire catholique Famille Chrétienne. A la fois directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, de Radio Vatican et du Centre de télévision vaticane, ce jésuite de 66 ans, plus souvent présenté comme le porte-parole du Vatican, a entre autres confié ses attentes pour 2009. Interview.

Q.: Comment abordez-vous l’année qui s’ouvre ?

Federico Lombardi: Nous entrons en 2009 avec une certaine préoccupation en raison de la crise économique, mais aussi des nombreux foyers de conflits, des dialogues impossibles entre certains peuples et ethnies. Ces grands problèmes sont encore mal compris, mais leurs conséquences aussi. Ce troisième millénaire que nous voyions presque comme un mythe, comme une nouvelle ère, est en fait encore un chemin difficile pour le monde. Dans le même temps, ce n’est pas la première fois que nous entrevoyons l’avenir avec difficulté.

Q.: A vos yeux, comment un chrétien peut-il faire face à cette actualité préoccupante ?

Federico Lombardi: Ce n’est pas pour rien que le pape a écrit l’Encyclique Spe salvi sur l’espérance. Aujourd’hui, le rôle du chrétien est d’être une personne d’espérance. C’est de cela qu’a besoin notre monde avec ses préoccupations, ses désorientations culturelles, ses peurs face à l’avenir. Il y a besoin de permettre aux hommes de s’attacher à des idées simples, à des références claires pour construire leur vie, ainsi que d’une certaine joie de vivre, sinon on risque le suicide. Si nous croyons à la résurrection du Christ et qu’elle est pour nous le commencement du Salut et un chemin d’espérance, alors c’est ainsi que nous devons vivre au quotidien, en témoins. De plus, si nous vivons cela avec une profonde conviction, alors nous parvenons à faire une belle proposition pour ceux qui nous entourent, en fonction de là où vit chacun de nous.

Q.: Vue de Rome, 2009 sera-t-elle l’année de l’Afrique ?

Federico Lombardi: Selon moi oui, même si certains disent que c’est aussi l’année du probable pèlerinage du pape en Terre sainte qui, dans l’opinion publique, retiendra plus l’attention que le voyage en Afrique. Mais ce voyage en Afrique est fortement lié au Synode d’octobre prochain et il s’agit donc d’un cheminement très large pour l’Eglise et pour ses rapports avec un continent qui a un extrême besoin de solidarité, de vitalité et d’espérance. J’attends aussi avec beaucoup d’intérêt la suite du livre du pape sur Jésus. Il y travaille. Ce livre me semble également très lié au dernier Synode, sur la Parole de Dieu, qu’il convient de ne pas oublier. Ce récent Synode nous a encouragés à reprendre la Bible en main, pas seulement pour que les exégètes l’étudient dans leurs bibliothèques, mais bien comme le livre de la vie chrétienne.

Q.: Quel regard le porte-parole du Vatican porte-t-il sur le rôle des journalistes et des médias?

Federico Lombardi: Je crois sincèrement à une communication qui vise la communion et le dialogue. A quoi servent véritablement l’information et la communication ? A dire à l’autre des choses vraies qui puissent lui être véritablement utiles. Je ne crois en aucun cas à une communication qui vise seulement au conflit, à la sensation, à faire vendre ou à convaincre de façon instrumentale pour des intérêts politiques, économiques ou idéologiques. (apic/imedia/ami/pr)

24 décembre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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