25’000 Brésiliens réduits à l’esclavage aujourd’hui
Fribourg: L’ONG «Brücke Le pont» lance son action de mai: «Pour en finir avec l’esclavage!»
Fribourg, 28 février 2011 (Apic) L’esclavage existe encore de nos jours. Dans son action 2011, l’ONG «Brücke Le pont» fait ressortir ce scandale, en s’appuyant sur un exemple au Brésil. L’œuvre d’entraide lance un appel de soutien aux personnes qui s’engagent pour la liberté et la dignité des travailleurs, annonce le communiqué du 27 février.
Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), au moins 12 millions de personnes dans le monde sont réduites à l’esclavage, malgré son abolition il y a 120 ans, rappelle «Brücke Le pont». De nouvelles formes de travail forcé ne cessent d’apparaître dans des fabriques, des manufactures, des plantations, des carrières et des mines. La pauvreté et le chômage font que l’esclavage s’étend aisément. «Les pères de famille et les jeunes gens, qui recherchent désespérément du travail et un revenu, se laissent berner par les chasseurs de tête des grands propriétaires fonciers, qui leur font miroiter un emploi en or. On estime que quelque 25’000 Brésiliens sont réduits à l’esclavage actuellement», lit-on dans le communiqué.
Un cycle infernal
Les besoins grandissant en aliments et en matières fourragères à l’échelle mondiale, ainsi que la course aux agro-carburants dévorent d’immenses surfaces de terre et de forêt vierge au Brésil. Des chômeurs sont engagés pour des travaux dans les plantations. Aussitôt, ils sont transportés dans des régions reculées du pays. «Mais dès leur arrivée sur leur lieu de travail, ils se retrouvent endettés: tous les frais – voyage, nourriture, hébergement, vêtements et outils de travail – sont à leur charge, au prix fort. Malgré un travail acharné, ils n’arrivent jamais à rembourser leurs dettes, qui ne font que croître en raison de frais médicaux ou d’accidents de travail», souligne «Brücke Le pont».
Chantage psychologique et violence
Le communiqué insiste sur les conditions d’hébergement inhumaines, où les travailleurs doivent souvent se contenter d’une nourriture déplorable, d’un accès à l’eau potable inexistant et dormir sous des bâches en plastique. Il relève également que des menaces et des actes de violence leur font perdre leur combativité et réduisent à néant tout espoir de sortir de cette situation inextricable. D’autant qu’on leur confisque souvent leur passeport.
L’église s’engage
«Rester vigilant pour éviter l’esclavage»: tel est le mot d’ordre de la campagne que mène la Commission pastorale (CPT), depuis 1997 au Brésil. Grâce à des prospectus, des affiches et des conférences, elle informe la population sur les risques qu’elle encourt. La CPT dépiste les signes d’esclavage et incite les autorités compétentes à faire des enquêtes et à libérer les esclaves.
Mais la fin de l’esclavagisme passe obligatoirement par des solutions de rechange pour les demandeurs d’emploi. «Brücke Le pont» soutient la CPT et des ONG locales, qui s’engagent pour de meilleures conditions de vie et de travail à la campagne.
D’autres informations sur: www.lepont.ch.
Encadré
«Brücke Le pont» est né de la fusion de «Brücke der Bruderhilfe» en Suisse allemande avec le «Cecotret» (l’ancienne oeuvre d’entraide des syndicats chrétiens de la CSC en Romandie), en 1995. La nouvelle organisation prend alors le nom de «Cecotret – Brücke», avant de devenir «Brücke Le pont» en 2000.
Se considérant comme «un pont entre le Nord et le Sud», l’ONG soutient et assure le suivi de projets de développement dans six pays d’Amérique latine et d’Afrique de l’Ouest. En Suisse, «Brücke Le pont» réalise un travail d’information, en vue de promouvoir une meilleure compréhension entre les peuples et sur les thèmes liés au développement. Son secrétariat se trouve à la Rue St-Pierre 12 à Fribourg. De nombreuses personnes issues du KAB et de «Travail.Suisse» collaborent bénévolement, dans la vente et la recherche de fonds notamment. «Brücke Le pont» est reconnu d’utilité publique par le Bureau central des oeuvres de Bienfaisance ZEWO. (apic/com/cl/ggc)



