Rome : Benoît XVI s’apprête à convoquer un consistoire pour fin novembre
25 nouveaux cardinaux devraient être créés
Rome, 19 octobre 2010 (Apic) Selon toute vraisemblance, lors de l’audience générale du 20 octobre dans la Salle Paul VI, Benoît XVI annoncera sa décision de convoquer un consistoire pour la création de près de 25 cardinaux, les 20 et 21 novembre prochains. Jusqu’à présent, avec les consistoires du 24 mars 2006 et du 24 novembre 2007, le pape a créé 38 cardinaux.
Si Benoît XVI veut maintenir à 120 le nombre de cardinaux électeurs, comme le veut la tradition instituée par Paul VI (1963-1978), il ne disposera à la mi-novembre que de 19 sièges vacants, au lendemain des 80 ans du cardinal letton Janis Pujats. De nombreux prélats peuvent légitimement s’attendre à recevoir la barrette cardinalice, en s’appuyant sur certains usages au Vatican, tout comme beaucoup d’archevêques occupant des sièges cardinalices attendent d’intégrer le ›sacré collège’.
Une place pour les préfets
Selon la tradition, les préfets de congrégations vaticanes sont assurés de compter parmi les nouveaux cardinaux. Ce sera le cas de Mgr Mauro Piacenza, très récemment nommé à la tête de la Congrégation pour le clergé ; de Mgr Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les causes des saints depuis juillet 2008. Ils compteront parmi les très nombreux Italiens qui devraient être créés cardinaux.
Les tribunaux du Vatican sont les autres dicastères qui garantissent à leur responsable de faire partie du ›sacré collège’. Ainsi, l’ancien nonce apostolique en France, l’Italien Mgr Fortunato Baldelli, pénitencier majeur, et l’Américain Mgr Raymond Burke, préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique, seront très certainement créés cardinaux. Mgr Velasio De Paolis, président de la préfecture des Affaires économiques du Saint-Siège – que Benoît XVI a nommé ›délégué pontifical’ auprès des Légionnaires du Christ en juillet 2010 – pourrait faire partie des élus.
Le cas des présidents des conseils pontificaux de la curie romaine est différent et plus incertain. Mgr Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture, nommé quelques mois avant le dernier consistoire du 24 novembre 2007, compte très probablement parmi les prélats choisis par Benoît XVI. Mgr Kurt Koch a aussi des chances d’être créé cardinal, même s’il a pris la tête du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens il y a quelques mois. Lui accorder la barrette rouge, pour de nombreux observateurs, serait une manière de donner plus de poids à son poste.
D’autres, en revanche, ne sont pas assurés de devenir cardinaux. C’est le cas de Mgr Antonio Maria Vegliò (migrants), de Mgr Claudio Maria Celli, (communications sociales), de Mgr Francesco Coccopalmerio (textes législatifs), de Mgr Zygmunt Zimowski (santé), de Mgr Robert Sarah (Cor Unum) et de Mgr Salvatore Fisichella (nouvelle évangélisation).
Sièges cardinalices
Par ailleurs, l’ensemble des évêques occupant un siège cardinalice sont susceptibles d’être nommés cardinaux. De par le monde, certains évêchés assurent à leur titulaire d’être créé cardinal au consistoire, suivant la date de leur nomination.
Parmi eux se trouvent les archevêques de Munich-Freising (Allemagne) Mgr Reinhard Marx, de Varsovie (Pologne) Mgr Kazimierz Nycz, de Tolède (Espagne) Mgr Braulio Rodriguez Plaza, de Palerme (Italie) Mgr Paolo Romeo. Pour l’Amérique du Nord, les prétendants sont l’archevêque de Washington (Etats-Unis) Mgr Donald Wuerl et l’archevêque de Toronto (Canada) Mgr Thomas Collins. En Afrique, le Congolais Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kinshasa (RDC), figure en bonne position.
Sans occuper à proprement parler un siège cardinalice, le Sri-Lankais Mgr Albert Malcom Ranjith, ancien secrétaire de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements et actuel archevêque de Colombo, pourrait obtenir une barrette rouge. Parmi les autres élus potentiels, on trouve l’archiprêtre de la basilique romaine de Saint-Paul-hors-les-murs, Mgr Francesco Monterisi, ou encore le ›pro-patron’ de l’Ordre souverain et militaire de Malte, Mgr Paolo Sardi.
Une liste d’attente ?
Comme cela est déjà arrivé, certains archevêques occupant un siège cardinalice pourraient attendre que leur prédécesseur ait dépassé 80 ans pour faire partie du ›sacré collège’. Ce fut par exemple le cas de l’actuel archevêque de Palerme, Mgr Paolo Romeo, qui n’avait pas été créé cardinal lors du dernier consistoire car son prédécesseur, le cardinal De Giorgi, 80 ans depuis septembre dernier, faisait encore partie des électeurs.
C’est ainsi que Mgr Orani João Tempesta, archevêque de Rio de Janeiro (Brésil), Mgr André-Mutien Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles (Belgique), Mgr Dominik Duka, archevêque de Prague (République tchèque), Mgr Timothy Dolan, archevêque de New York (Etats-Unis), ou encore Mgr Cesare Nosiglia, archevêque de Turin (Italie), devraient attendre le prochain consistoire ; leurs prédécesseurs n’ayant pas encore atteint 80 ans. De même pour les archevêques d’Utrecht (Pays-Bas) Mgr Willem Jacobus Eijk, de Séville (Espagne) Mgr Juan José Asenjo Pelegrina, de Florence (Italie) Mgr Giuseppe Betori, de Westminster (Angleterre) Mgr Vincent Nichols, ou encore de Baltimore (Etats-Unis) Mgr Edwin O’Brien.
Faveurs aux plus de 80 ans
Par ailleurs, Benoît XVI peut aussi créer cardinal des prêtres, religieux et évêques âgés de plus de 80 ans. Ainsi, en novembre 2007, 5 des 23 nouveaux cardinaux n’étaient pas électeurs. Un an et demi plus tôt, lors du consistoire du 24 mars 2006, 3 cardinaux sur 15 avaient déjà dépassé 80 ans.
Pour le prochain consistoire, le maître de chœur historique de la chapelle Sixtine, Mgr Domenico Bartolucci, l’ancien président de l’Académie pontificale pour la vie, Mgr Elio Sgreccia, ou encore l’ancien président du Comité pontifical des sciences historiques, le Bavarois Mgr Walter Brandmüller, comptent parmi les candidats potentiels. (apic/imedia/cp/ggc)



