République Démocratique du Congo: Reconstruire la vie des enfants associés aux groupes armés
33’000 enfants démobilisés en 8 ans
Nairobi, 19 janvier 2012 (Apic) 33’000 enfants associés à des groupes armés ont été démobilisés en République Démocratique du Congo (RDC) depuis 2004, indique IRIN; l’agence d’information du Bureau pour la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies, le 18 janvier 2012. L’UNICEF, le Programme alimentaire mondial (PAM) et la Croix-Rouge s’engagent aux côtés d’acteurs locaux pour reconstruire la vie de ces mineurs.
«Ce sont les enfants qui sont les premiers à souffrir du conflit. Ils sont entraînés dans le violence en tant que victimes d’attaques sexuelles, ils perdent leur famille suite à d’incessantes migrations et sont impliqués dans les combats en tant qu’acteurs du conflit», indique Cornelia Walther, responsable de la communication de l’UNICEF pour la RDC. Grâce à un partenariat entre différentes organisations humanitaires, des milliers d’enfants ont été démobilisés dans la province du Sud-Kivu, dans l’Est de la RDC. Un travail extrêmement difficile.
Les enfants ne peuvent pas rentrer chez eux
En RDC, moins d’un enfant sur trois est en possession d’un certificat de naissance, un défi lorsqu’il s’agit de démobiliser. «D’un point de vue administratif, ces enfants n’existent pas. Comment prouver à un chef militaire que son soldat est mineur, si même l’enfant ne connaît pas son âge?», interroge Murhabazi Namegabe, directeur du Bureau pour le Volontariat au service de l’Enfance et de la Santé.
Une fois démobilisés, il est difficile pour les enfants de rentrer chez eux. D’abord parce que le conflit perdure souvent dans leur région d’origine. Ils risqueraient d’être à nouveau enrôlés. Ensuite parce que certaines familles refusent de reprendre leur enfant. «Elles ont peur de ce qu’il est devenu», affirme le directeur du Bureau pour le Volontariat.
Un sort plus difficile encore pour les filles
Pour les filles associées à des groupes armés, la situation est souvent plus grave encore. Victimes d’agressions sexuelles, elles se retrouvent parfois enceintes. Or, nombre de familles exigent de recevoir de la nourriture ou de l’argent pour les reprendre. «Elles ont déjà trop de bouches à nourrir à la maison», déclare Rohanne Rosine, directrice du Centre de transit et d’orientation (CTO) de Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu.
Au CTO, les enfants sont logés et nourris, ils suivent des cours, ont des discussions de groupe et bénéficient de conseils pour leur avenir. «La situation qui les a amenés dans un groupe armé n’a pas changé. C’est important dans un tel contexte qu’ils aient un projet de vie bien clair», estime Murhabazi Namegabe. Et d’ajouter: «Nous voulons qu’ils soient en mesure de bâtir des rêves, tout en restant réalistes». (apic/irin/amc)



