Belgique: Les églises classées dans les collimateur des députés PS

380 églises et 200 chapelles classées en Wallonie

Bruxelles, 28 février 2012 (Apic) Les catholiques belges désertent leurs lieux de culte, qui coûtent cher aux communes et à la Région wallonne. Pour les parlementaires socialistes Isabelle Simonis et Daniel Senesael, il y a nécessité d’établir un cadastre qui permettrait de disposer d’une base objective à toute décision de restauration ou de réaffectation d’une église ou d’une chapelle. Quelque 380 églises et 200 chapelles sont concernées en Région wallonne.

L’avenir de certaines églises a été débattu lundi 27 février au Parlement wallon. A l’heure où chaque niveau de pouvoir cherche à faire des économies, le parti socialiste (PS) voudrait faire un relevé précis des édifices religieux pour éventuellement en désacraliser certains et notamment les églises désertées par les fidèles. Une façon de limiter les subsides liés à leur entretien.

700 biens culturels classés sur 2’800 destinés au culte

La députée socialiste Isabelle Simonis, intervenant pour modifier le Code wallon de l’Aménagement du territoire, de l’urbanisme, du patrimoine et de l’énergie en vue de réaliser un cadastre des monuments classés affectés à un culte, a d’abord rappelé quelques éléments du contexte en Wallonie.

Ainsi, parmi les 2’800 biens classés dans cette région francophone de Belgique, plus de 700 sont destinés à l’exercice d’un culte. Pour des raisons historiques évidentes, la majeure partie de ces édifices relève de l’exercice du culte catholique. Annuellement, la région wallonne met à la disposition du patrimoine un budget qui, pour l’année 2012, s’élève à 38 millions d’euro, dont 5 millions sont exclusivement consacrés à la restauration des édifices classés ouverts au culte.

La députée se demande comment les pouvoirs publics et les établissements cultuels vont pouvoir faire face aux coûts d’entretien et de réparations de ces édifices «dans un contexte de déclin des pratiques religieuses». Afin d’assurer une bonne gestion de cet imposant patrimoine, elle estime qu’il y aura lieu d’effectuer des choix en matière d’affectation, également de façon à pouvoir planifier les dépenses. L’idée est simple: il s’agit de sauver et de reconvertir, et si nécessaire, de désacraliser.

Dans le contexte de réduction budgétaire, la tentation est grande d’affecter certains d’entre ces lieux de culte (les moins fréquentés) à un autre usage que celui du culte. La réaction de députés d’autres partis a montré que la question de la désacralisation d’une église reste un sujet sensible. Plusieurs se sont étonnés que ce cadastre soit limité aux seuls lieux de culte et pas à l’ensemble des bâtiments publics classés.

Cette proposition de décret a par ailleurs fait naître d’autres interrogations. Si ce sont spécifiquement les églises qui sont dans le collimateur, pourquoi se limiter aux églises classées ? Et concernant le critère de la fréquentation, «en quoi dit-elle quelque chose sur la valeur et l’intérêt patrimonial d’un bien?», a ainsi demandé le député Cdh (Centre démocrate humaniste) Maxime Prévot. (apic/com/be)

28 février 2012 | 17:56
par webmaster@kath.ch
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