Rome: L’avortement aussi est une torture, assure le Saint-Siège devant un comité de l’ONU
848 prêtres abuseurs renvoyés par le Vatican depuis 2004
Rome, 8 mai 2014 (Apic) Mgr Silvano Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies, a condamné, le 6 mai 2014, toutes les formes de torture, notamment l’avortement. Au deuxième jour de l’audition du Saint-Siège devant le Comité des Nations unies contre la torture, à Genève, le chef de délégation a une nouvelle fois été sous le feu des questions concernant la lutte de l’Eglise contre la pédophilie. Mgr Tomasi, a procédé à un état des lieux du nombre de prêtres abuseurs sanctionnés par le Vatican ces dernières années. 848 d’entre eux ont notamment été renvoyés à l’état laïc.
Après les nombreuses questions posées la veille à la délégation du Saint-Siège par les membres du Comité de l’ONU contre la torture, Mgr Tomasi a apporté une série de longues réponses. Alors que les experts de l’ONU avaient assimilé à de la torture l’opposition de l’Eglise à l’avortement, le chef de délégation a rétorqué que le Saint-Siège condamnait «toute forme de torture, notamment pour ceux qui sont torturés et tués avant qu’ils ne soient nés».
3’420 prêtres soupçonnés de pédophilie
Comme lorsqu’il avait répondu au Comité des droits de l’enfant, en janvier dernier, Mgr Tomasi a été très sollicité sur la question des abus sexuels sur mineurs commis par des membres du clergé. Après avoir rappelé la procédure suivie par le Vatican lorsqu’un prêtre est accusé de ce type de crime, l’observateur permanent du Saint-Siège a procédé à un état des lieux détaillé du nombre de prêtres sanctionnés entre 2004 et 2013. Sur cette période, a-t-il dit, la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) a reçu des accusations crédibles à l’encontre de 3’420 prêtres soupçonnés d’actes pédophiles. En 9 ans, 848 prêtres ont été réduits à l’état laïc et 2’572 autres ont reçu une sanction du Vatican, telle que l’envoi dans un monastère pour y poursuivre une «vie de prière et de méditation».
La détention de Paolo Gabriele correspondait aux normes internationales
Le chef de la délégation vaticane a rappelé la disponibilité du Saint-Siège à coopérer avec les services de justice locaux dans le cas d’accusations contre un prêtre. Interrogé sur le cas particulier de l’ancien nonce apostolique en République dominicaine, Mgr Josef Wesolowski, soupçonné d’actes pédophiles, Mgr Tomasi a indiqué que le Saint-Siège travaillait actuellement avec la justice du pays.
La délégation du Saint-Siège a également été questionnée sur une plainte déposée par Paolo Gabriele, ancien majordome de Benoît XVI incarcéré au Vatican en 2012, à propos de l’étroitesse et du mauvais éclairage de sa cellule. Le Saint-Siège a assuré qu’un rapport avait été établi suite à cette plainte et avait révélé que la cellule de Paolo Gabriele correspondait aux normes internationales. (apic/imedia/mb/rz)



