Kazakhstan : Le pape rencontre le président Nazarbayev

95ème voyage de Jean Paul II hors d’Italie

Certains ont laissé croire que cette visite était impossible!

De notre envoyée spéciale, Sophie de Ravinel

Astana, 23 septembre 2001 (APIC) «Certains ont laissé croire que cette visite était impossible, maintenant, on voit qu’elle est possible !» s’est réjoui Jean Paul II en face du président du Kazakhstan, lors de la visite de courtoisie qui a eu lieu le 23 septembre. Le pape a cependant regretté de ne pas avoir pu se rendre à Karaganda, le coeur catholique du pays. De son côté, le président Nazarbayev a soutenu le message de paix et de condamnation du terrorisme, lancé le matin même par Jean Paul II.

«C’est la première fois que je viens en Asie centrale, a affirmé le pape au président, mais depuis longtemps j’ai entendu parler de votre pays». En effet, beaucoup de Polonais ont été déportés au Kazakhstan et notamment des proches du pape comme le père Wladyslaw Bukowinski. Déporté dans un goulag, il a ensuite choisi, à sa libération, de rester dans le pays pour soutenir l’Eglise naissante. Jean Paul II a «regretté» de ne pas pouvoir se rendre à Karaganda pour se recueillir sur la tombe de cet ami.

Le pape a par ailleurs exprimé sa satisfaction d’effectuer cette visite au moment où le pays fête les dix ans de son indépendance. «Toute nation a le droit d’être libre», a-t-il affirmé, avant de souhaiter «un futur fructueux et fraternel au Kazakhstan».

Contre l’instrumentalisation de Dieu dans les conflits

Pour sa part, le président à renouvelé sa satisfaction de voir Jean Paul II, «malgré les événements terribles des Etats-Unis». «Le Kazakhstan est contre le terrorisme, a-t-il poursuivi, mais il existe, c’est un fait, et nous devons tout mettre en oeuvre, nous aussi pour résoudre ce problème». Le président a enfin soutenu avec clarté l’appel de Jean Paul II pour la paix et contre l’instrumentalisation de Dieu dans les conflits.

Le présentation des autorités du gouvernement s’est ensuite déroulé sans encombre, ainsi que les échanges de cadeaux ­ des tableaux et une icône -, jusqu’à ce que les petits-enfants du président Nazarbayev, qui a lui même trois enfants, ne viennent «gripper» le protocole. Deux garçons de dix à douze ans ont visiblement hésité à entrer dans le splendide et très récent salon de réception en style rococo jaune et bleu. «Hé bien alors, ils sont perdus?» s’est interrogé le pape en plaisantant. Après qu’ils se soient finalement décidé, il leur a fait une bonne et franche accolade dans le dos, a rappelé celui qui a oublié de prendre son chapelet puis a insisté pour embrasser, «la piccolina» vêtue d’une robe violette en tulle, l’unique petite-fille du président, âgée de deux ans. (apic/imed/bb)

23 septembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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