«A Hidden Life» gagne le prix du jury œcuménique à Cannes

C’est l’histoire de l’objecteur de conscience Franz Jägerstätter, exécuté par les nazis, qui a reçu le prix du jury œcuménique à la 72ème édition du Festival de Cannes. «A Hidden Life» conte la vie de ce fermier autrichien qui trouve dans sa foi et l’amour pour sa famille la force pour s’opposer au Troisième Reich, au prix de sa vie.

Au Festival de Cannes, le 25 mai 2019, le prix du jury œcuménique a été décerné au long-métrage »A Hidden Life» (Une vie cachée). Le jury, composé par Roland Kauffmann (président), Xavier Accart, Lucia Cuocci, Stefan Förner, Rose Pacatte et Konstantin Terzis, a récompensé l’œuvre de Terrence Malick, considéré par plusieurs critiques un des films les plus marquants de la compétition de cette année.

La vie d’un bienheureux

Avec »Une vie cachée», le réalisateur américain a proposé une œuvre  spirituellement profonde et bouleversante sur la vie de Franz Jägerstätter. Paysan autrichien, soutenu par son épouse Fani, il a été un objecteur de conscience durant la Seconde Guerre mondiale. Condamné à mort pour avoir refusé de prêter serment d’obéissance indéfectible à Hitler, il est emprisonné, battu, jugé et exécuté le 9 août 1943. En 2007, Franz Jägerstätter a été béatifié le pape Benoît XVI.

Emblème des choix quotidiens

«Un film magnifique qui met en scène un profond dilemme moral, et par ses hautes qualités cinématographiques, en termes de réalisation, de scénario et de montage, permet d’explorer la question de l’individu face au mal», déclare Roland Kauffmann, pasteur réformé français et président du jury. «C’est un récit universel à propos des choix que nous avons à faire et qui transcendent les préoccupations terrestres pour suivre la voix de sa conscience» a-t-il affirmé.

Un héros ordinaire de la foi

«Par ce choix, le jury œcuménique met en valeur un ›héros ordinaire’, à la manière dont le théologien américain Ralph Waldo Emerson parlait de ›sublime ordinaire’ pour évoquer la façon que Dieu a de se manifester dans les choses les plus simples de l’existence, alors même qu’il s’agit comme ici des circonstances extraordinaires de la guerre», explique le président du jury œcuménique 2019.

Le film explore ainsi, dans toute sa complexité, la façon dont le protagoniste détermine son choix. «Les spectateurs chrétiens verront une référence à sa foi en Dieu. Pour ceux qui ne le sont pas, c’est dans le secret de sa conscience d’homme, dans l’amour qu’il porte à son épouse Fani, à ses enfants et à sa terre que Franz va trouver la force de résister. Le réalisateur n’en fait ni un martyr ni un héros au sens traditionnel du terme. Franz n’agit qu’en cohérence avec sa foi, convaincu qu’il est qu’il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes et qu’il ne faut pas ajouter de l’injustice là où elle est déjà surabondante», conclut Roland Kauffmann.

 

Le film lauréat a été été choisi après un débat intense au sein du jury. Grâce à leur critique envers les injustices actuelles, plusieurs autres films en concours répondaient bien aux critères liés aux valeurs évangéliques sur lesquels portent ce prix spécial du Festival de Cannes (cath.ch/ cannes.juryoecumenique.org/dp).

Dans une église de Linz, le souvenir de Franz Jägerstätter, l'objecteur de conscience décapité par les nazis | © Jacques Berset
27 mai 2019 | 15:28
par Davide Pesenti
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