«A l’écoute de Dieu et des signes des temps»
Waldkirch: L’Abbé d’Einseideln parle de l’art de l’écoute dans l’Eglise
Waldkirch, 8 février 2010 (Apic) Ce dont l’Eglise a le plus besoin, c’est de savoir écouter. L’Abbé d’Einsiedeln Martin Werlen l’a dit le 6 février, lors d’une rencontre à la paroisse de Waldkirch, dans le canton de Saint-Gall. De nombreux problèmes seraient facilement résolus si l’on cessait de se tirailler sur des détails et que l’aille à ce qui vraiment compte: la foi personnelle des êtres humains.
Le Père Abbé d’Einsiedeln, Martin Werlen, était invité à la fête patronale par le responsable de la paroisse de Waldkirch, dans le canton de Saint-Gall, Henryk Kadlubowski, son collègue d’études. L’Abbé Werlen a rencontré les fidèles pour une discussion le 6 février et a prêché le 7 février lors de la messe. Martin Werlen apprécie la rencontre personnelle. Pour lui, s’écouter les uns les autres, apprendre les uns des autres, constitue le programme qu’il s’est donné comme Abbé d’Einsiedeln. Cela rejoint exactement ce que saint Benoît avait écrit dans sa Règle monastique, il y aura bientôt 1’500 ans. Cette Règle est pour l’Abbé Werlen un livre d’une éminente actualité dans l’art de vivre.
Abbé, membres de la Fraternité Saint Pie X et réformés en dialogue
L’Abbé raconte comment il cherche le dialogue avec les personnes les plus diverses, même avec celles qui n’ont pas du tout les mêmes convictions religieuses que les siennes.
Il y a quelques années, raconte-t-il, il avait vivement été attaqué dans un article par le supérieur régional de la Fraternité Saint Pie X, le Père Henry Wuilloud, parce qu’il avait invité à un dialogue sur la spiritualité le vice-président de l’Alliance réformée mondiale, Gottfried Locher.
Martin Werlen a été offensé par l’article, mais n’a pas voulu contre-attaquer avec haine. Il s’est contrôlé et a invité le responsable de la Fraternité Saint Pie X à venir discuter avec lui. Cela n’a pas fait disparaître les différences, mais les a mises au jour.
Ce genre d’attitude lui a permis d’avoir toute une série de rencontres, à tel point qu’en janvier dernier se sont retrouvés autour d’une même table un moine, un membre de la Fraternité Saint-Pie X et un réformé. «C’est parce que nous savons nous écouter, explique l’Abbé Werlen, que cela est possible, et peut-être aussi parce que tous trois nous avons de l’humour».
Placer la foi au centre
Cette rencontre montre, pour l’Abbé, tout ce qui est possible lorsque l’on va les uns vers les autres sans réserve, sans préjugés. Il en est de même dans l’Eglise. A condition de ne pas s’empêtrer dans une discussion sur des structures, mais de placer au centre de la rencontre la foi. «A l’écoute de Dieu et des signes des temps», répète le religieux, qui ne s’est pas présenté comme un enseignant, mais comme un «maître à l’écoute».
Il est pour lui essentiel que l’on prenne en compte la situation personnelle de l’être humain, également dans son cheminement de foi. Il estime que les sacrements de la première communion et de la confirmation ne devraient être donnés que lorsque c’est le moment pour chaque personne et non selon l’âge.
La grande faim de spiritualité
L’Abbé n’aime pas parler de déchristianisation. Il perçoit trop la grande faim spirituelle des êtres humains. Ce qui est important, c’est que l’Eglise la voie aussi et y réponde. Alors, elle interpellera aussi les gens et pourra avoir un intérêt pour eux. «Rien n’est pire qu’une Eglise ennuyeuse».
Un christianisme édulcoré? Bien au contraire! L’Abbé Werlen s’insurge quand il vient à parler des succès d’un certain parti de droite, qui voit dans les humains avant tout des Suisses ou des étrangers et non des humains. En ce qui concerne l’initiative sur les minarets, il pense que les catholiques devraient se mettre ensemble pour présenter une nouvelle solution respectueuse de l’islam. (apic/jo/job/js)



