Tunisie: Les imams influencent les choix politiques des Tunisiens
A l’encontre de la Constitution
Tunis, 26 octobre 2014 (Apic) Le rôle des imams est important dans les élections législatives tunisiennes dont la votation a lieu ce dimanche 26 octobre 2014. Si la Constitution interdit aux imams de prêcher pour un parti, ces derniers ont incité de manière implicite à voter pour certaines entités, notamment le parti islamiste Ettahir.
Selon le quotidien La Presse, l’article 6 de la nouvelle Constitution interdit «toute instrumentalisation» de la religion à des fins partisanes. Il est donc interdit aux imams de prendre position dans les mosquées en faveur d’un parti politique. En revanche, la disposition constitutionnelle les autorise à parler de «sujets d’ordre général». De sorte que la politique «quitte la mosquée par la porte, et y retourne par la fenêtre».
En faveur parti islamique
Dans plusieurs mosquées, tel qu’à Kairouan, la capitale religieuse du pays, les prêches du vendredi étaient «devenus une occasion pour inciter de manière implicite les fidèles à voter pour un parti islamiste», a affirmé Montassar Souissi, coordinateur de la communication à l’Instance supérieure Indépendante pour les élections (ISIE, organe chargé de la supervision des élections en Tunisie). «Le parti islamiste, Ettahrir qui n’a pas de candidats aux élections, s’est invité à la fête pour appeler au boycott de l’opération électorale», a-t-il poursuivi. Pour les dirigeants du parti Ettahrir, légalisé en 2012, voter est «contraire à la charia islamique».
Dans une autre mosquée de la région de Kélibia, l’imam a appelé lors du prêche du vendredi 18 octobre, «à ignorer les élections et à considérer le Coran comme Constitution», a poursuivi Montassar Souissi.
Face à cette situation de violation délibérée de la Constitution, les formations politiques laïques sont désarmées. Leurs responsables n’ont aucun moyen de recours. «Nous ne pouvons rien faire, sauf alerter l’ISIE sur ces dérives», a admis Ahmed Safi, le député sortant membre de la direction du Front populaire. «Nous avons contacté les responsables de l’ISIE pour leur faire part de nos remarques, mais ils ont répondu qu’ils ne peuvent rien faire, tant qu’il n’existe pas d’infractions matérielles», a-t-il fait remarquer. (apic/lapresse/ibc/pp)




