Lourdes, Paray-le-Monial, Einsiedeln ou Taizé sont connus de chacun. Il est d’autres lieux, en Suisse romande, où les croyants et les chercheurs de sens peuvent vivre des jours de silence, de paix et de contemplation. Chaque semaine, notre collaborateur Paul Jubin présente un de ces endroits où l’on s’approche de la Source. Il poursuit cette série de petits reportages par une visite à Notre-Dame de Bourguillon.

A la découverte des lieux de prière et de ressourcement en Suisse romande (III)

1.1 Bourguillon : rendez-vous marial

Le pont suspendu de Bourguillon a disparu. La chapelle construite en 1466 est toujours là, surmontée de sa flèche. A travers les siècles, elle a conservé son attrait et reste témoin d’une permanente dévotion mariale. Elle est perchée au-dessus de Fribourg, sur la petite montagne: Berglein, devenue avec le temps Bourguillon. Et elle accueille chaque année entre 60 et 80’000 visiteurs. Ils viennent non seulement du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, mais de toute la Suisse et même de l’étranger, notamment des anciens étudiants de l’Université de Fribourg.

D’où vient cette tradition des pèlerinages à la chapelle de Bourguillon ? Au Moyen Age, la peste et la lèpre décimaient l’Europe. Une léproserie renommée accueillait là-haut les malades, même ceux de haut rang. En 1438, un pèlerinage organisé par les autorités demandait la guérison du duc d’Autriche Frédéric IV, de la maison des Habsbourg, leur souverain. L’illustre lépreux fut guéri. Depuis lors, la madone située dans la chapelle de l’hôpital attira irrésistiblement les pèlerins. Elle fut placée dans une chapelle spécialement construite en dehors de la léproserie.

L’histoire catalogue les grâces accordées : protection de Fribourg de la peste, serment de fidélité à la foi catholique au moment de la Réforme, protection des soldats, consécration de la JOC à Marie, appui à des paroisses. Bref: des centaines d’ex-voto au cours des âges, attestent l’accomplissement de voeux. Les murs de la chapelle rénovée parlent encore des faveurs reçues récemment, après avoir imploré ND de Bourguillon. Une plaque de marbre a été offerte par un croyant de Montréal, une autre par un sportif comblé, d’autres par des malades guéris, des couples réconciliés ou des jeunes exaucés. Un ex-voto dit même: «O Marie, merci de ne m’avoir pas exaucé, puisque je vous demandais mon malheur !»

L’abbé Dortail, recteur de Bourguillon, constate avec joie : « Je suis surpris par le grand afflux des pèlerins individuels : ils se succèdent à la chapelle tout au long de la journée. De plus, une centaine de paroisses et groupements divers, viennent à Bourguillon pour prier et remercier. Leur provenance m’oblige à célébrer aussi bien en allemand qu’en français.  De plus, ici, je suis témoin d’une intense pratique dominicale. La chapelle est pleine à chaque messe.»

Le 3e dimanche de juin de chaque année, la Journée des malades en rassemble à Bourguillon environ 250. Une centaine de bénévoles, notamment des jeunes, préparent l’organisation des déplacements, de l’accueil, de l’animation et des repas (près de 600). Une sorte de Lourdes en petit. La jeunesse aime aussi Bourguillon puisque les JMJ ont décidé d’y vivre une veillée nocturne dans la nuit du 1er au 2 janvier 2004.

La Vierge de Bourguillon suscite une route méditative sur le sens de la vie, confère aux pèlerins une brûlante joie intérieure, à rayonner ensuite dans leur milieu de vie. Paul Jubin

Les illustrations de cet article sont à commander à l’agence CIRIC, Bd de Pérolles 36 – 1700 Fribourg. Tél. 026 426 48 38 Fax. 026 426 48 36 Courriel: ciric@cath.ch (apic/pj/be)

15 décembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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