1.1 La Fille-Dieu, une abbaye de la prière avec Marie

A la découverte des lieux de prière et de ressourcement en Suisse romande (IX)

Lourdes, Paray-le-Monial, Einsiedeln ou Taizé sont connus de chacun. Il est d’autres lieux, en Suisse romande, où les croyants et les chercheurs de sens peuvent vivre des jours de silence, de paix et de contemplation. Aujourd’hui, notre collaborateur Paul Jubin nous emmène au pied de la colline de Romont, à la rencontre des cisterciennes de la Fille-Dieu.

Elles commencent leur journée à 03.45 h, les cisterciennes de Romont, par la prière des Vigiles en communauté, suivie par la lecture méditée de la Parole de Dieu. Chaque jour, elles se retrouvent huit fois à l’église de l’Abbaye pour célébrer ensemble la Liturgie des heures et l’Eucharistie. Un rythme exigeant de prière et de chant, selon la règle de Saint Benoît. Depuis plus de sept siècles, la louange de Dieu monte vers Lui de manière ininterrompue. Les moniales y intègrent les souffrances et les joies des êtres humains, qu’elles présentent aussi à Marie, Mère de tendresse compatissante.

La Fille-Dieu est née en 1268 de manière tout à fait exceptionnelle. Elle n’a pas été créée comme filiale d’une institution monastique. Trois jeunes filles de la région, Juliette, Pernette et Cécile décidèrent de donner leur vie à Dieu dans la solitude, la prière et la vie fraternelle. L’évêque de Lausanne bénit leur maison en lui donnant le nom de «Fille-Dieu» en mémoire de Marie, la première des filles de Dieu ! Le petit monastère reçut le titre d’Abbaye en 1350. Aujourd’hui, les moniales sont très émues en évoquant leur place dans cette chaîne séculaire.

Existe-t-il une manière cistercienne de vivre la Bonne Nouvelle ? Peut-être en acceptant la solitude pour Dieu, en choisissant le silence où se creuse la soif de Lui, en participant à la prière communautaire, en se livrant au travail manuel en solidarité avec celui des frères humains. En vivant la devise de la Mère Abbesse Marie-Claire : «Avec la joie de l’Esprit-Saint» !

Elles sont actuellement 26 moniales à la Fille-Dieu, dont une postulante et deux jeunes en fin de formation initiale. En fait, la formation dure jusqu’à la mort. Pas de campagne de recrutement, le Seigneur s’en occupe. Depuis le dernier Concile, les offices sont priés et chantés en français, mais le chant grégorien est maintenu à la messe, comme un trésor séculaire.

Il ne se passe pas une journée sans au moins trois appels à l’aide dans la prière, par courrier ou par téléphone. Les moniales ne prient jamais seules : chaque jour, des visiteurs participent à leurs offices ; le dimanche, l’église est pleine pour la messe et parfois même pour les vêpres, l’après-midi. De plus, depuis sa fondation, la communauté accueille les passants dans son hôtellerie conformément à la règle bénédictine: «A n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, le visiteur est reçu comme le Christ !». Des groupes de jeunes, d’étudiants demandent aussi à passer une journée avec les moniales. Tous les visiteurs ont la même faim de sens, le même besoin de lâcher prise, de se refaire, de prier en remontant à la Source. Une Soeur hôtelière est disponible pour les passants, prête à recevoir leur fardeau, leur mal-vivre, les difficultés dans la relation conjugale, le souci des malades, et parfois des porteurs du sida.

L’église de l’Abbaye de la Fille-Dieu est toujours ouverte. Les moniales chantent les louanges de Dieu, portent dans la prière le monde en évolution et accueillent les mendiants de joie intérieure. Paul Jubin

Les illustrations de cet article peuvent être commandées à l’agence CIRIC, Bd de Pérolles 36 – 1700 Fribourg. Tél. 026 426 48 38 Fax. 026 426 48 36 Courriel: ciric@cath.ch (apic/pj/be)

29 janvier 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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