Lourdes, Paray-le-Monial, Einsiedeln ou Taizé sont connus de chacun. Il est d’autres lieux, en Suisse romande, où les croyants et les chercheurs de sens peuvent vivre des jours de silence, de paix et de contemplation. Chaque semaine, notre collaborateur Paul Jubin présente un de ces endroits où l’on s’approche de la Source. Il nous fait découvrir aujourd’hui le sanctuaire marial des Jurassiens.

A la découverte des lieux de prière et de ressourcement en Suisse romande (V)

Le Vorbourg des Jurassiens

Depuis des siècles, les Jurassiens vont prier la Vierge Marie au-dessus de Delémont. Ils suivent un chemin dominant la vallée, ponctué par 15 croix du Rosaire, en calcaire blanc. Ils connaissent bien cette chapelle accrochée à un éperon rocheux surplombant la Birse. Ils y sont attachés, car ils y ont vécu des mariages, des pèlerinages, des visites au cours desquels ils ont allumé un cierge pour prolonger leur prière.

Il y a plus de mille ans, les comtes d’Egisheim avaient placé stratégiquement leur château sur cette arête. En 1049, le frère du comte Gérard, propriétaire des lieux, devint le saint pape Léon IX. Selon une solide tradition, lors d’un voyage, le pontife consacra la chapelle du château en la dédiant à saint Imier et saint Othmar. En 1356, un violent tremblement de terre ravagea la ville de Bâle et détruisit quasiment tout le château du Vorbourg, sauf la tour Ste- Anne et la chapelle, laquelle constitue le choeur actuel.

Le Vorbourg reste le but des pèlerinages de tout le Jura pastoral et du Laufonnais. On y monte en paroisse, en groupe, individuellement, pour prier ou rendre grâce. Les visiteurs ont tous les âges. Les touristes y viennent aussi et peuvent devenir pèlerins !

En septembre 1869, Mgr Lachat, Jurassien en charge du diocèse de Bâle et Lugano, couronna la statue de la Vierge. Depuis lors, chaque année, à la même période, les Jurassiens renouvellent leur attachement à la Vierge Marie lors de la Semaine du Vorbourg. Des messes sont célébrées toute la journée et nombreux sont les fidèles qui reçoivent le sacrement de la réconciliation. Une paroisse par secteur anime à tour de rôle la liturgie de la messe du soir. Le mercredi après-midi se déroule la fameuse bénédiction des enfants.

A l’intérieur de la chapelle, plus de deux cents ex-voto attestent la gratitude des fidèles au cours des âges. Les peintures de gratitude constituent un réel trésor spirituel et culturel. Pendant la dernière guerre mondiale, le doyen de Delémont avait fait le voeu qui si la Suisse était préservée de la guerre, il y aurait une présence sacerdotale permanente au Vorbourg. Depuis lors, ce sont des Bénédictins, rattachés à la Communauté du Bouveret, qui assurent le gardiennage. Ils sont trois actuellement, à accueillir les pèlerins, à assurer les prières et la liturgie, à répondre à n’importe quel moment de la journée à des demandes d’entretien ou de confession. Ils se réjouissent de voir des jeunes monter au Vorbourg, de manière anonyme, alors qu’ils ne pratiquent pas ou se sentent mal à l’aise en paroisse.

« A l’évidence, remarque le P. Robert Martin, le Vorbourg stimule le sentiment religieux. Ce lieu propice à un pèlerinage à pied, permet de reprendre son souffle, de réfléchir dans un cadre naturel propice, et de se confier à Marie. Tous lui demandent d’intercéder auprès de son Fils pour eux. Individuellement ou collectivement, ils reprennent cette invocation traditionnelle : « Nous nous confions à ta protection, Sainte Mère de Dieu » .Paul Jubin

Les illustrations de cet article peuvent être commandées à l’agence CIRIC, Bd de Pérolles 36 – 1700 Fribourg. Tél. 026 426 48 38 Fax. 026 426 48 36 Courriel: ciricàcath.ch (apic/pj/be)

29 décembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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