Lourdes, Paray-le-Monial, Einsiedeln ou Taizé sont connus de chacun. Il est d’autres lieux, en Suisse romande, où les chercheurs de sens peuvent vivre des jours de silence, de paix et de contemplation. Cette semaine ,notre collaborateur Paul Jubin rend visite au bord du lac de Neuchâtel aux Dominicaines d’Estavayer-le-Lac

A la découverte des lieux de prière et de ressourcement en Suisse romande (XVI)

1.1 Les Dominicaines: paratonnerre d’Estavayer-le-lac

Il n’est pas situé sur les tours et les remparts médiévaux du monastère, ce paratonnerre, puisqu’il est invisible. Depuis la fondation du couvent en 1316, la prière des Dominicaines n’ jamais été interrompue, même durant les guerres, les disettes et les épidémies. Elles ne vivent pas à l’écart, mais demeurent depuis le Moyen Age au coeur de la vieille cité. La population leur sait gré de constituer comme une protection et un appel à la foi. Elles sont un rappel du surnaturel, de la manifestation de la présence de Dieu. Les monastères sont autonomes – aussi sont-ils fiers de leur autonomie ! – mais dépendent du maître de l’Ordre à Rome. Des liens étroits les unissent dans le cadre de fédérations qui fournissent des échanges fructueux dans de nombreux domaines: formation, entraide, échanges amicaux.

Les 17 moniales (dont plusieurs Françaises) se lèvent tôt: elles ont une heure de prière personnelle avant les Laudes chantées à l’église à 6h45. Leur vie cloîtrée est rythmée par la solitude garante de paix intérieure et d’écoute de Dieu, et la vie en communauté où on apprend à mieux vivre ensemble et à s’aimer. Au cours des siècles, ces femmes de prière d’un ordre apostolique ont toujours accueilli des retraitants, des groupes et des passants à l’hôtellerie de leur couvent, pour réfléchir, prier, se ressourcer, se retrouver.

Il y a six ans, grâce à l’appui de l’Association des amis du monastère, la grange a été transformée en hôtellerie monastique, dotée du confort moderne et de matériel didactique performant. Ce lieu d’accueil s’appelle opportunément «La Source». Il offre 14 chambres à un ou deux lits, un dortoir de 12 lits et un autre de 8 lits, une salle pour 80 personnes, des locaux polyvalents, une bibliothèque, deux salles à manger, une cuisine. Les groupes peuvent vivre à La Source et s’autogérer, ou solliciter les repas de la cuisine du monastère.

Les hôtes se succèdent au long des mois et proviennent de milieux divers: retraitants, confirmands, groupe de handicapés, Centre romand des vocations, groupe de pasteurs, groupes Rosette Poletti, groupe de banquiers, personnes en détresse, gens de tous horizons sollicitant des prières à des intentions particulières. Durant les fêtes de Carnaval, un groupe de couples creusait le thème: «Le désert dans la ville»! La Source garantit à chacun le calme, la paix, la compréhension, l’écoute bienveillante.

Les moniales vivent de leur travail et de dons. Elles produisent des hosties et depuis peu, elles confectionnent une eau médicinale (ou huile essentielle), excellente pour les rhumatismes, les lumbagos et autres douleurs du même type. La fabrication s’effectue à partir de produits naturels, d’où le nom de: «Bouquet de Provence» probablement appelé à connaître un grand succès.

L’église conventuelle est ouverte à tous. Aussi les fidèles viennent-ils y prier au cours des heures, participer à la messe. L’office des Dominicaines se compose de chants en grégorien et en français. Le P. Bonvin assure l’aumônerie et anime des sessions d’approfondissement spirituel, avec le concours des moniales. «Chaque monastère a une couleur différente, remarque Soeur Monique, la prieure. Le nôtre répond au charisme de Saint Dominique: rechercher la vérité; prier pour que la Bonne Nouvelle soit annoncée. Nous faisons partie d’un ordre prêcheur. Nous essayons donc de faire de notre vie une prédication. Nous voudrions que nos hôtes soient enflammés par l’amour de Dieu.» Paul Jubin

Les illustrations de cet article peuvent être commandées à l’agence CIRIC, Bd de Pérolles 36 – 1700 Fribourg. Tél. 026 426 48 38 Fax. 026 426 48 36 Courriel: ciric@cath.ch (apic/pj/be)

15 mars 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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