Rencontre avec Ariel Sharon et Yasser Arafat
A la demande du pape, le cardinal Pio Laghi est en Terre Sainte
Rome, 30 mai 2001 (APIC) Le pape Jean Paul II a transmis au premier ministre israélien, Ariel Sharon, et au président de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat, par le biais d’un envoyé spécial, le cardinal Pio Laghi, «un message écrit de sa main afin d’encourager les parties à un cessez-le-feu et pour une reprise du dialogue».
C’est ce qu’a déclaré le 30 mai, le porte-parole du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls.
C’est «la sollicitude de Jean Paul II à l’égard de la Terre Sainte» qui a incité, selon Joaquin Navarro-Valls, le pape à envoyer cette délégation menée par le cardinal italien Pio Laghi, ancien préfet de la Congrégation pour l’Education catholique. Il avait en outre été délégué apostolique en Israël entre 1969 et 1974, a indiqué mercredi à Rome le porte-parole du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls.
France: Les responsables religieux sont «réservés» à propos d’une loi contre les sectes
Lettre de Mgr Billé et du pasteur de Clermont à L. Jospin
Paris, 30 mai 2001 (APIC) Les deux principaux dirigeants chrétiens en France, le cardinal Louis-Marie Billé pour les catholiques et le pasteur Jean-Arnold de Clermont pour les protestants, ont récemment adressé une lettre commune, datée du 15 mai, au Premier ministre, Lionel Jospin, afin de lui faire part de leurs «réserves» sur une loi, en cours d’élaboration, visant à lutter contre les sectes. Assez inhabituelle, cette démarche intervient peu avant que le texte législatif soit nouveau examiné, le 30 mai, par les députés à l’Assemblée nationale.
Depuis juin 2000, les responsables chrétiens tentent de faire évoluer le contenu de ce projet de loi qui pourrait, à leurs yeux, menacer la liberté religieuse en France. «En attirant votre attention, nous espérons encore qu’avant son adoption définitive, ce texte pourra trouver les améliorations qui le rendraient compatible avec l’évolution du paysage religieux dans notre pays et le souci vigilant qui nous anime de protéger totalement la liberté de conscience» écrivent, dans leur lettre, le cardinal Louis-Marie Billé, président de la Conférence des évêques de France, et le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la Fédération protestante de France (FPF).
«Le débat sur les sectes est très mal engagé dans l’Hexagone. Il faut effectivement combattre les actes délictueux commis par des mouvements sectaires. Mais d’autres considérations se mêlent à ce débat; certains milieux politiques français assimilent, en effet, le religieux à l’obscurantisme», précise Jean-Arnold de Clermont dans un entretien accordé à l’Agence œcuménique ENI.
Sous couvert de combat contre les sectes, plusieurs responsables religieux redoutent une attaque plus globale contre les religions et le retour de l’anti-cléricalisme militant que la France a connu au XIXe siècle.
Version modifiée
Présentés par deux parlementaires, Nicolas About et Catherine Picard, le projet de loi a déjà été examiné et voté une première fois, en juin 2000, à l’Assemblée nationale. Le mois dernier, c’est le Sénat qui l’adoptait, en modifiant quelques dispositions. Ces modifications impliquent un nouvel examen à l’Assemblée nationale par les députés qui devront voter une version définitive. «Nous portons un regard très positif sur les améliorations dont ce texte est porteur, notamment après l’abandon de la création d’un délit de manipulation mentale», écrivent, dans leur lettre au Premier ministre, Louis-Marie Billé et Jean-Arnold de Clermont.
Dans la première version de la loi, la création d’un délit de manipulation mentale avait, en effet, focalisé les critiques. Inapplicable et trop imprécis d’un point de vue judiciaire, selon ses détracteurs, le délit de manipulation mentale aurait pu être la porte ouverte à de graves dérives, portant atteinte aux «libertés fondamentales». Les grandes religions (christianisme, judaïsme et islam), présentes en France, avaient exprimé, sur ce point, leur désaccord commun. A leur demande, une délégation de ces grandes religions a d’ailleurs été reçue à la fin de l’année dernière, au cabinet de Lionel Jospin et à la commission des lois du Sénat.
«Discrétion»
Le texte, voté le 5 mai par le Sénat, a donc fait disparaître le terme de délit de manipulation mentale. Malgré tout, certaines dispositions du projet de loi, assimilables à ce délit de manipulation mentale, demeurent. L’objet de la lettre adressé a` Lionel Jospin est, «pour nous, de prendre date au cas où, à l’avenir, des procès intentés poseraient problème», précise encore Jean-Arnold de Clermont.
Toutefois l’épiscopat catholique n’a pas souhaité que la lettre adressée au Premier ministre soit rendue publique. Cette “discrétion signe un certain embarras de l’Eglise catholique, encore marquée par les combats qui l’opposèrent violemment au XIXe siècle aux tenants de la lai >>cité et de la séparation des Eglises et de l’Etat. Elle craint là d’être suspectée de vouloir peser dans les décisions politiques.
Le projet de loi contre les sectes n’a pas donné lieu à débat dans l’opinion publique, très marquée par les suicides collectifs de l’Ordre du Temple solaire et plusieurs procédures judiciaires mettant en cause la Scientologie. Plusieurs rapports parlementaires ont, depuis une dizaine d’années, également attiré l’attention sur des groupes religieux, étiquetés comme dangereux. Très radicale dans son approche des minorités religieuses, la France a été mise en cause par les rapports annuels du département d’Etat américain sur l’état de la liberté des religions dans le monde.
Dans leur opposition au texte législatif, les dirigeants religieux se trouvent finalement assez isolés en France. Une loi inutile? Pour certains, oui. «Les dispositions juridiques existantes permettent déjà de lutter contre les délits que pourraient commettre des groupes considérés comme sectaires», affirme Jean-Arnold de Clermont. Il regrette «l’inculture religieuse aujourd’hui en France» qui explique, selon lui, l’attitude vis-à-vis de groupes minoritaires. Très préoccupé par ce problème de «liberté religieuse», le président de la Fédération protestante de France s’est rendu, récemment, aux Etats-Unis et en Espagne où il a discuté de la question avec des représentants officiels. (apic/eni/pr)



