Suisse

A Lausanne, l'évangélisation à travers la «pop culture»

Trouver Dieu dans les films blockbusters, les jeux vidéos ou les jeux de rôles. C’est le défi que s’est lancé le jeune pasteur vaudois Olivier Keshavjee avec la démarche «Open Source Church», mise en place depuis fin 2018 au saint de la paroisse réformée Saint-François Saint-Jacques, à Lausanne.

«Et Jésus dit: ‘Ceci est ma console, venez et jouez-en tou·te·s!’». Tel est le slogan que l’on peut lire sur le site internet de l’»Open Source Church», délivré par un Jésus portant la tenue de Dark Vador. Une approche audacieuse de la religion qu’Olivier Keshavjee assume complètement. «Cela peut paraître irrévérencieux à certains. Mais, avec notre équipe paroissiale, nous voulons montrer que Dieu est présent partout autour de nous. Pas seulement dans les églises et la religion», confie-t-il à cath.ch.

L’EERV cherche des «ministres pionniers»

Dans cette ligne, il a organisé toute une série d’événements destinés au public «geek», comme on désigne les passionnés de «pop culture», surtout représenté dans les tranches d’âges les plus jeunes. Il a notamment installé à l’intérieur même de l’église un espace de visionnement de films, sur lesquels les participants peuvent débattre. Dernièrement, la diffusion du film Joker de Todd Philipps (2019) a permis de parler de thèmes aussi divers que la justice sociale, la violence, ou encore la définition du bien et du mal. Des séances de jeux vidéos seront en outre prochainement proposées dans l’église.

Des activités réalisées sur mandat de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV), dont le département «Recherche et développement» s’est donné comme mission de désigner des «ministres pionniers».

Une culture de la liberté

L’»Open Source Church» a également organisé avec l’association «Holygames», au cours de l’année, trois week-ends à Leysin (VD), consacrés aux jeux de société. La dernière édition a rassemblé près de 180 personnes. L’orientation spirituelle de l’événement est explicitement exprimée au début de la manifestation. Mais il y est développé une «culture de la liberté». Des activités religieuses sont ainsi proposées en parallèle d’autres qui n’impliquent aucune sorte de croyance, souligne Olivier Keshavjee.

Selon le pasteur, un bon tiers des personnes présentes dans ces weekends ne sont pas proches de l’Eglise réformée. Des personnes sans lien avec la religion ont ainsi participé aux démarches religieuses proposées. Et des discussions ont pu avoir lieu sur des thèmes spirituels avec des participants de milieux et d’opinions très divers.

L’inspiration de Tolkien

La motivation d’Olivier Keshavjee et de son équipe vient de la certitude que l’on peut trouver de nombreux éléments de foi dans la culture estampillée «populaire» ou «de masse». Une vision des choses qu’il doit en particulier à J.R.R. Tolkien, l’auteur du Seigneur des anneaux. L’écrivain britannique, lui-même fervent catholique, a notamment déclaré que «les mythes que nous tissons, même s’ils renferment des erreurs, reflètent inévitablement un fragment de la vraie lumière, cette vérité éternelle qui est avec Dieu».

A côté de la démarche «Open Source Church», la paroisse a conservé son fonctionnement habituel, notamment avec un culte du dimanche traditionnel, tient à préciser Olivier Keshavjee. Car l’objectif d’»Open Source Church» n’est pas d’imposer le monde «geek» à tous les paroissiens, mais de montrer que «l’Esprit souffle où il veut». (cath.ch/rz)

Le concept d'»Open Church Source» a été créé «par des geeks pour des geeks» (capture d'écran)
19 décembre 2019 | 12:34
par Raphaël Zbinden
cinéma (72), Culture (28), EERV (75)
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