A Sciences Po, une formation interreligieuse pour mieux se comprendre

A partir de septembre 2016, le programme «Emouna, l’amphi des religions», une formation proposée par les grandes religions de France à Sciences Po, va former des ministres du culte de différentes communautés religieuses. L’objectif: renforcer les liens et la connaissance mutuelle, et assumer une juste place dans la laïcité et la culture françaises.

Prêtres, pasteurs, rabbins, imams et moines bouddhistes: à partir de cet automne, des étudiants un peu particuliers vont faire leur rentrée à Sciences Po, à Paris, pour une formation unique en son genre. Le contenu du programme sera dispensé à la fois par des universitaires, des responsables religieux et des professionnels issus des secteurs public et privé.

Les religions ont été, dans l’histoire, des forces civilisatrices, porteuses d’humanité et d’éthique

Il sera axé sur la connaissance des liens entre les religions et institutions françaises, la culture française et les enjeux du leadership : apprentissage de l’environnement politique et institutionnel entourant les pratiques religieuses, connaissance des différentes religions et de leurs traditions intellectuelles et rituelles, travail sur l’exercice de responsabilités dans le cadre d’une communauté religieuse.

Cette formation est portée par les grandes structures religieuses de France (Grand rabbinat, Conseils des rabbins libéraux, Conférence des évêques de France, Fédération protestante de France, Assemblée des évêques orthodoxes de France, Conseil français du culte musulman, Union des Bouddhistes de France).

Les religions aussi parfois dévoyées

Les religions ont été, dans l’histoire, note Sciences Po sur son site internet, des forces civilisatrices, porteuses d’humanité et d’éthique.  »Bien qu’elles aient parfois aussi été dévoyées, elles demeurent aujourd’hui un élément essentiel de la cohésion sociale. Afin que, respectueuses des lois de la République, elles assument toute leur place dans une laïcité à la française riche de ses références culturelles, des représentants du judaïsme, du christianisme, de l’islam et du bouddhisme, dans leur diversité, ont pris l’initiative de mettre en place une formation à vocation interreligieuse».

Organisée en partenariat avec Sciences Po et avec le soutien de l’Etat, cette formation permettra de renforcer, dans la durée, les liens entre les différentes religions en France, par un dialogue enrichissant, tout en promouvant l’excellence de leurs représentants.

Une source éthique commune

Emouna, amen et amana sont des mots issus d’une même racine, commune à différentes traditions spirituelles. Ils signifient la confiance, la loyauté, la spiritualité, l’adhésion, l’engagement par des actes. Ils invitent à penser des structures ou piliers spirituels sur lesquels une société peut s’appuyer. «Ils évoquent une source éthique commune», à laquelle l’humanité peut s’abreuver, note Sciences Po.

La formation se déroulera à Paris, dans les locaux de Sciences Po ainsi que dans les lieux mis à disposition par chaque communauté, et donnera lieu à des visites de sites emblématiques.

Le programme, qui vise à renforcer les connaissances et compétences des participants par des méthodes pédagogiques éprouvées, s’adresse principalement aux ministres du culte en exercice ou en cours de formation et aux responsables des communautés religieuses. Il est également  ouvert  à  tout  professionnel  manifestant  un  intérêt  pour  la  compréhension  de l’articulation entre les religions  et   la sphère publique: responsables en matière de ressources humaines, agents des services publics, responsables associatifs, etc. D’une  durée  de  18  jours  répartis  sur  un  an,  la  formation  accueillera  une  trentaine  de  candidats.  Elle  se  déroulera  à  Sciences  Po  mais  aussi  dans différents lieux de cultes et lieux culturels. (cath.ch-apic/com/be)

 

'Emouna, l'amphi des religions', à Sciences Po à Paris
9 mai 2016 | 17:00
par Jacques Berset
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