Côte-d’Ivoire : Appels au respect des Droits de l’homme
A signaler un très beau volume des éditions Zodiaque (des moines bénédictins de la Pierre-qui-Vire) : L’Europe cistercienne par Terryl N. Kinder, 400 pages.
Des anciens détenus politiques demandent a être réhabilités
Plusieurs centaines d’Ivoiriens, selon leur association, accusés d’avoir voulu assassiner le président feu Félix Houphouët Boigny et de complot contre la sûreté de l’état, avaient été arrêtés et torturés entre janvier 1963 et décembre 1964. Ils avaient été «soumis à des tortures et à divers sévices» en vue de leur «extorquer des aveux», a déclaré lors d’une conférence de presse à Abidjan, un ancien détenus, Samba Diarra.
Président de l’association des anciens détenus politiques, Samba Diarra réclame une réparation judiciaire. Il souligne que leur détention, pendant plusieurs années, a provoqué des «souffrances indicibles», brisé des vies, détruit des carrières, fait éclater des familles, traumatisé des enfants et occasionné des pertes de biens. «Ce qu’il faut, c’est d’abord un acte juridique notifiant notre innocence. Ainsi réhabilités, nous pourrons demander la rééparation des dommages subits, dont la restitution de nos biens confisqués et la récupération de nos salaires perdus pendant les années que nous avons passés à tort dans les geôles», ajoute le président des anciens détenus.
Les «complots imaginaires» du président Houphouët Boigny
Avant sa mort en décembre 1993, le président Houphouët Boigny avait reconnu avoir commis une erreur judiciaire, en déclarant par deux fois, en 1971 et en 1983, «qu’il n’y a jamais eu de complot» dans son pays, déclare encore Samba Diarra. Le président Henri Konan Bédié, a réhabilité en mars de l’année dernière, la mémoire de l’une des victimes de la période noire des années 60, Ernest Boka. Ancien président de la Cour suprême, il est mort en détention en avril 1964. «Nous n’avons pas l’intention d’attendre d’être morts pour que l’on nous construise un mausolée (…)», souligne Samba Diarra.
Ce dernier dénonce encore «les complots imaginaires» d’Houphouët Boigny», notamment ceux pour lesquels ils avaient été «arrêtés, jgés, torturés; martyrisés, puis condamnés et embastillés» en divers endroits du pays. Samba Diarra a consacré un ouvrage sur «les faux complots d’Houphouët Boigny» qui ont servi, selon lui de «prétexte pour tuer dans l’œuf toute velléité de contestation» et instaurer un régime sans partage tout en perpétuant la main mise de son ethnie sur l’appareil d’état. (apic/ibc/ab)



