A six mois des élections générales, le gouvernement parle d'un «signe inquiétant»

Bangladesh: Les islamistes remportent des élections municipales à une très forte majorité

Dacca, 18 juin 2013 (Apic) A quelques mois des élections générales, le principal parti d’opposition, le Bangladesh Nationalist Party (BNP), soutenu par ses alliés islamistes, a remporté le 16 juin 2013 les municipales dans les quatre villes concernées. Le BNP, opposant traditionnel de la Ligue Awami (AL), dirigée par le Premier Ministre Sheikh Hasina, a obtenu plus de 60 % des voix à Sylhet, Barisal, Khulna et Rajshahi, les quatre villes qui renouvelaient les mandats de leurs maires, rapporte le 18 juin 2013 l’agence missionnaire vaticane Fides.

Une victoire écrasante pour le parti responsable des manifestations et émeutes meurtrières de ces mois derniers, si l’on considère que ses alliés islamistes, le Jamaat-e-Islami et l’Hefajat-e-Islam à l’influence grandissante, avaient boycotté les élections. En ne présentant pas de candidats, les islamistes désiraient protester contre le refus du gouvernement de Sheikh Hasina de rétablir un gouvernement de transition lors des élections, un système que le Premier ministre avait aboli en 2011.

Ce désistement a permis un report massif des voix des islamistes sur le BNP, comme le sous-entendent les statistiques de la National Election Commission, qui rapporte qu’au moins 80 % de la population a voté ce week-end. A six mois des élections générales, ce vote de défiance du gouvernement en place a suscité des réactions à différents niveaux de l’Etat. Les ministres des Finances et de la Communication ont réagi dès dimanche, parlant d’un «signe inquiétant» et d’un appel pour leur parti à «se réveiller»avant les prochaines élections, rapporte le 17 juin l’agence Reuters.

Responsable des émeutes sanglantes

Depuis la mise en place par le gouvernement d’un tribunal spécial pour juger les crimes commis durant la guerre d’indépendance de 1971, mais surtout depuis l’inculpation et la condamnation (à la peine de mort pour certains) de membres éminents du BNP et du Jamaat-e-Islami, le parti d’opposition a multiplié les manifestations et émeutes sanglantes, qui ont déjà provoqué la mort depuis le début de l’année de près de 200 personnes et fait des centaines de blessés.

Selon la plupart des observateurs, cette victoire n’a été rendue possible que par le basculement de l’opinion, qui considère que les véritables croyants de l’islam sont aujourd’hui dans l’opposition au gouvernement. (apic/fides/cw)

18 juin 2013 | 09:37
par webmaster@kath.ch
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