Absence de la délégation orthodoxe: Radio Vatican minimise l’incident

Radio Vatican minimise la portée de l’absence orthodoxe cette année, donnant la parole au métropolite roumain Daniel Ciobotea, de Moldavie et de Bukovine: pour lui, il s’agit maintenant d’apprendre à mieux s’écouter, et à un mener dialogue plus profond encore. Du côté du Vatican, aucun commentaire. Il n’y en avait pas eu non plus lors de l’annulation de la rencontre prévue – puis annulée – la semaine passée entre Jean Paul II et Alexis II. Cette rencontre au sommet avait rencontré l’opposition décidée du Saint-Synode de l’Eglise orthodoxe russe, et probablement aussi du patriarche Bartholomée (qui a «boudé» Graz où Alexis se rendait), qui exerce la primauté d’honneur parmi les patriarches d’Orient.

Bien du chemin a été fait, mais l’obstacle de la primauté juridictionnelle du pape demeure

Pourtant une nouvelle époque s’est ouverte dans les rapports entre catholiques et orthodoxes à la suite de la rencontre historique, à Jérusalem, en janvier 1964, entre Paul VI

et le patriarche Athénagoras qui se rencontreront encore à Istanbul et à Rome en 1967. Et une nouvelle étape semble franchie avec l’encyclique de Jean Paul II sur l’unité des chrétiens, «Ut Unum sint», en 1995. Mais les questions de la primauté de Pierre et des Eglises catholiques de rite oriental (uniates) demeurent des pommes de discorde.

La question n’est cependant pas simplement théologique, elle est aussi culturelle. La récente loi russe sur la liberté religieuse marque en effet un retour vers la tradition orthodoxe de lier l’Eglise orthodoxe à la terre russe et donc à l’Etat.

Dans cette conception, la liberté des minorités catholiques ou protestantes est limitée. Enfin, l’époque soviétique a laissé de graves divisions à l’Est. On ne compte pas, en Roumanie, par exemple, le nombre d’églises appartenant autrefois aux gréco-catholiques qui furent confisquées et confiées aux orthodoxes lors de la dissolution forcée de l’Eglise uniate par les communistes. La restitution de ces édifices est une cause fréquente d’affrontements. Ces communautés devront surmonter des blessures historiques profondes pour avancer vers l’unité.

L’assemblée des évêques catholiques orientaux qui s’ouvre lundi en Hongrie (30 juin – 6 juillet) devra affronter ces questions incontournables pour leur survie et le progrès de la réconciliation. (apic/imedia/be)

9 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!