Mgr Eric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims | © I.Media
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Abus en France, deux collectifs interpellent Mgr Eric de Moulins-Beaufort

Archevêque de Reims, Mgr Eric de Moulins-Beaufort refuse de lancer un appel public à témoins de crimes sexuels sur mineurs potentiellement commis dans son diocèse. Deux collectifs français, Voix Libérées et Éclats Reims, lui demandent de revenir sur sa décision, dans un communiqué daté du 11 février 2026.

Plusieurs victimes d’abus sexuels commis sur le territoire du diocèse de Reims et les Ardennes, dans le cadre des activités de l’Église catholique, ont déjà été reconnues par la justice. Persuadées que «l’ampleur réelle des faits demeure largement méconnue», les deux collectifs français de défense de personnes abusées affirment que seul un appel publique à témoins sera amène de briser le silence dans lequel s’enferment de nombreuses victimes.

L’association Éclats Reims, créée par des victimes d’abus, accompagne environ 30 victimes d’agressions sexuelles commises entre 1950 et 1990 dans le cadre des activités de l’Église catholique. Elle a documenté des faits «d’une extrême gravité: viols, agressions sexuelles, violences physiques et psychologiques, emprise, soumission chimique, prises d’images pédopornographiques». Des crimes qui se seraient étendus sur plus de soixante ans, dans des cadres aussi variés que les colonies de vacances, les activités scoutes, les établissements scolaires, le catéchisme ou les foyers accueillant des enfants placés.

Voix Libérées, pour sa part, a été créé en 2021 pour venir en aide aux anciens Petits Chanteurs de Touraine abusés. Le collectif souligne que, dans de nombreux autres diocèses français, les appels à témoins ont permis de révéler l’existence de victimes jusque-là isolées, de faciliter l’accès aux soins et aux dispositifs de réparation, et d’établir des faits que les archives – parfois détruites – ne permettent plus de documenter.

Des attitudes contradictoires

Le refus du diocèse de Reims lui paraît d’autant plus «incompréhensible»  qu’il émane de Mgr Eric de Moulins-Beaufort. L’archevêque de Reims a «exercé des responsabilités nationales majeures au moment de la reconnaissance institutionnelle des abus dans l’Église», souligne-t-elle dans son communiqué.

Président de la Conférence des évêques de France (CEF) de 2019 à avril 2025 et acteur de la création de la CIASE, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église de France, Mgr de Moulins-Beaufort a en effet obtenu un changement d’attitude ddans la lutte contre les violences sexuelles dans l’Église. C’est sous sa gouvernance qu’a été rendu public l’aveu d’agression sexuelle sur une jeune fille de 14 ans par le cardinal Jean-Pierre Ricard, le scandale entourant l’abbé Pierre ou encore celui touchant l’établissement de Bétharram, dans les Pyrénées-Atlantiques. (cath.ch/com/lb)

Mgr Eric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims | © I.Media
11 février 2026 | 12:49
par Lucienne Bittar
Temps de lecture : env. 2  min.
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