Soeur Fangman: éduquer plutôt que punir
Abus sexuels: Le dialogue est déésormais ouvert
Washington, 15 juillet 2001 (APIC) Un dialogue sérieux est enfin ouvert sur les abus sexuels dont ont été victimes des religieuses dans de nombreuses parties du monde, et notamment en Afrique, se réjouit Soeur Esther Fangman, bénédictine des Etats-Unis. Présidente de la Fédération de Sainte Scolastique, Soeur Fangman fera le point sur la question au Congrès mondial des Abbés bénédictins en septembre 2000.
Dans une interview publiée par «American Monastic Newsletter», le périodique de l’Ordre Bénédictin américain, Soeur Fangman souligne que, lorsqu’elle aborde le sujet, «la première réaction de son auditoire est une forte impression et beaucoup de compassion». «C’est un message qu’ils auraient préféré ne jamais entendre, mais il fallait qu’ils l’entendent. Beaucoup sont venus à moi pour donner leur opinion, raconter leurs histoires, souligner la nécessité d’agir».
Ces derniers mois, Soeur Fangman a refusé de nombreuses demandes d’interviews. «Le sensatonnel ne m’intéresse pas, ni les cancans», explique-t-elle. Ce qui l’intéresse, c’est «qu’on parvienne à trouver la solution à un problème douloureux». «Il est essentiel, poursuit-elle, de se souvenir de la dignité de toutes les parties impliquées. Victimes et persécuteurs sont des êtres humains, qu’il faut respecter. Tous ceux qui se trouvent dans cette situation ressentent une douleur profonde, et le problème consiste à savoir comment les aider, et non comment les punir. C’est une question de respect. Le problème ne concerne pas tellement le célibat, mais plutôt le respect dû à chacun».
La meilleure solution consiste par conséquent à «faire oeuvre éducative». Les prêtres impliqués «doivent apprendre d’autres valeurs» par rapport à la «possession», les religieuses impliquées «doivent apprendre à se valoriser elles-mêmes, à reconnaître ce qui est inadéquat et à savoir résister». (apic/cip/vd/pr)



