France: Rapport Palmer et poursuite du blocus de Gaza
Acat France s’adresse au Ministre Alain Juppé
Paris, 16 septembre 2011 (Apic) 19 organisations internationales d’aide humanitaire, de développement, de défense des droits humains, ont demandé «de redoubler d’efforts pour assurer une levée immédiate et inconditionnelle du blocus» de Gaza, dans une lettre adressée le 15 septembre 2011 à Alain Juppé, Ministre français des Affaires étrangères et européennes.
Selon les signataires de la lettre, les conclusions du rapport Palmer véhiculent des «idées fausses communément répandues». Ils adressent au Ministre français des Affaires étrangères et européennes une double demande. D’une part, de «veiller à ce que l’affirmation du rapport selon laquelle le blocus maritime de la Bande de Gaza est légal ne soit pas mal interprétée au sens que le régime de blocus imposé à Gaza dans son ensemble serait légal». Et d’autre part, «de redoubler d’efforts pour assurer une levée immédiate et inconditionnelle du blocus».
Les organisations s’appuient sur le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), garant du droit international humanitaire, qui affirme que le blocus de Gaza «représente une sanction collective imposée en violation flagrante des obligations qui incombent à Israël en vertu du droit international humanitaire».
Attention portée uniquement sur le blocus
Cette politique de blocus génère des souffrances quotidiennes inutiles pour la population civile, souligne la lettre. «Depuis janvier 2011, les exportations depuis Gaza se sont élevées à environ 1% des niveaux d’avant 2007, malgré les promesses d’Israël de les augmenter. Les importations de matériels de construction sont restées en deçà de 20% des niveaux antérieurs à 2007, entravant la reconstruction des écoles, des hôpitaux, des maisons et des commerces qui ont été endommagés ou détruits lors de l’opération militaire «Plomb durci», menée par Israël en 2008-2009. Le nombre de Palestiniens autorisés à quitter Gaza par les points de passage israéliens demeure inférieur à 1% des niveaux existants avant l’année 2000, et même des patients nécessitant des traitements urgents hors de Gaza se voient encore souvent refuser leur évacuation. Selon le Programme alimentaire mondial, environ les trois quarts des Gazaouis continuent de dépendre de l’aide humanitaire, et 54% d’entre eux sont touchés par l’insécurité alimentaire».
Une situation insoutenable et inacceptable
Le rapport Palmer signale que la situation humanitaire et des droits humains à Gaza est «insoutenable, inacceptable et ne sert les intérêts d’aucune des parties concernées». Par contre, il se contente d’appeler Israël à «poursuivre ses efforts pour alléger ses restrictions sur les mouvements des biens et des personnes à destination et en provenance de Gaza».
Les signataires s’indignent de cette atténuation des restrictions. A leurs yeux, «Israël devrait se conformer à ses obligations en vertu du droit international et lever complètement et immédiatement le blocus qu’il impose sur Gaza».
Encadré
Une copie de cette lettre a été adressée aux Ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l’Union européenne (UE), à Catherine Ashton (haute représentante de l’UE en charge de la politique étrangère), à Ban Ki-Moon (secrétaire général de l’Organisation des Nations unies), à Hilary Clinton (secrétaire d’Etat des Etats-Unis), à Sergueï Lavrov (ministre des Affaires étrangères de la Russie), à Tony Blair (représentant du Quartette pour le Proche Orient). (apic/com/ggc)



