Afrique: Célébration de Noël sur le continent africain
Accent sur la paix, la tolérance, le partage et la solidarité
Dakar, 25 décembre 2012 (Apic) Les responsables de l’Eglise catholique en Afrique ont plaidé pour la paix, la tolérance, le partage et la solidarité, dans leurs pays respectifs, à l’occasion de leurs traditionnels messages de Noël. De Dakar, au Sénégal, à Johannesburg, en Afrique du Sud, les évêques se sont montrés soucieux des conditions de vie socio-économiques, de la cohabitation entre les populations ou encore de la stabilité dans leurs pays.
Les chefs religieux chrétiens d’Afrique se sont déclarés solidaires de leurs coreligionnaires vivant dans les régions nord de Gao, Tombouctou et Kidal, au Mali. Les fondamentalistes musulmans qui occupent leurs régions depuis mars ont imposé la charia (loi islamique) aux populations, les empêchant parfois de remplir convenablement leurs obligations religieuses.
Imposition de la charia au nord du Mali
Interrogé par Radio France internationale (RFI), le Père Joseph Tanden Diarra du diocèse malien de San et recteur de l’Université catholique de Bamako, a déclaré qu’il pensait à ses compatriotes du nord. Il a également mentionné «toutes les femmes violées, tous ces hommes qu’on dit voleurs à qui on a coupé une main ou un pied, toutes ces personnes qui sont persécutées dans leur corps ou dans leur cœur».
«Je ne pense pas qu’il y ait une menace réelle pour les chrétiens du Mali, à cause de leur foi ou autre chose», a-t-il encore souligné, estimant que l’occupation des régions nord et leur imposition de la charia au Mali, sont «un épiphénomène des problèmes plus réels dans notre pays». Selon lui, les Maliens sont plutôt en train de découvrir que, pendant beaucoup de décennies, ils ont été gouvernés «par des gens qui les ont trompés».
«Allah n’aime pas ça»
Rappelons que dimanche 23 décembre, les islamistes ont à nouveau détruit des mausolées à Tombouctou. Ils ont averti qu’ils allaient tous les raser, car «Allah n’aime pas ça», selon les dires d’un chef des islamistes d’Ansar Dine (Défenseurs de l’islam), un groupe armé qui sévit dans le nord du Mali.
Pour sa part, l’archevêque de Dakar, le cardinal Théodore Adrien Sarr, a formulé le vœu ardent «que les conflits du Mali s’éteignent définitivement, en ce saint jour de Noël». Au plan local, le chef de l’Eglise catholique du Sénégal a aussi salué les efforts entrepris pour permettre le dialogue et aider les populations de Casamance, au sud du pays, à retrouver leur tranquillité et le cours normal de leurs activités.
Mgr Piat dénonce «l’engrenage d’une compétition féroce»
«Au milieu d’un monde agité, préoccupé par les crises financière, écologique, alimentaire, énergétique, nous vivons une crise de repères, une crise du sens de la vie», a indiqué pour sa part Mgr Maurice Piat, archevêque de Port-Louis, sur l’Ile Maurice, dans l’Océan indien. Dans son message de Noël publié sur le site «www.diocesportlouis.org», il a dénoncé aussi «l’engrenage d’une compétition féroce» qui écrase les hommes, par des rythmes de travail inhumains ainsi que l’attrait d’une société «de folle consommation» qui fait succomber à la tentation d’un gain facile, mal acquis, à travers les chemins détournés de la corruption.
Au Burkina Faso, Mgr Philippe Ouédraogo, archevêque de Ouagadougou, a appelé à la consolidation de la paix, afin de garder l’intégrité du pays. Il exhorté la population à méditer sur le thème «Heureux, les artisans de paix», proposé par le pape Benoît XVI pour le 1er janvier 2013.
«La paix n’est ni un rêve ni une utopie, mais elle est possible»
«La paix n’est ni un rêve ni une utopie, mais elle est possible», a-t-il fait remarquer dans son message publié sur le site: www.egliseduburkina.org, ajoutant que «toute personne, toute communauté religieuse, civile, éducative ou culturelle est appelée à être artisan de paix».
En Côte-d’Ivoire, les chrétiens catholiques ont été invités «à l’amour, l’humilité et la charité» afin d’imiter les qualités de Jésus-Christ dans un monde dominé par l’individualisme. Selon l’agence ivoirienne de presse (AIP), cet appel a été lancé devant plus de 3’000 fidèles, lors de la célébration de la messe de Noël à la paroisse Saint-André de Yopougon, dans la Province ecclésiastique d’Abidjan. (apic/ibc/be)



