Une étape qui permet d’envisager des suite, estime le prof. Bimerlé
Accord luthérien-catholique sur la justification
Paris, 18 juin 1998 (APIC) L’adoption à l’unanimité par le Conseil de la Fédération Luthérienne Mondiale (FLM) de la déclaration commune catholico-luthérienne sur la doctrine de la justification permettra d’autres étapes, le partage eucharistique étant l’objectif à long terme, estime le pasteur André Bimerlé, de l’Église de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine.
Le conflit, vieux de 400 ans, avait donné lieu à des condamnations mutuelles, qui sont à présent levées, relève dans une interview accordée à «La Croix» le pasteur Bimerlé, professeur de théologie dogmatique à l’Université des Sciences humaines de Strasbourg et membre du Centre d’études oecuménique de Strasbourg. «Les travaux engagés depuis trente ans par les théologiens luthériens et catholiques, relève-t-il, ont permis d’aboutir à une conviction commune qui n’exige pas des formulations dans les détails en tout point identique. Désormais, luthériens et catholiques nous pouvons annoncer le même Salut dans le même Christ. Et les Églises sont sur le point d’approuver ce travail des théologiens».
Le pasteur, qui signale que Rome ne s’est jusqu’ici jamais prononcée sur ce travail oecuménique – sa réponse «est attendue avec grand intérêt», ajoute: «Il ne s’agit pas de provoquer de fausses euphories, mais cette étape va nous permettre désormais d’envisager les suites».
Quelles suites? «Le partage eucharistique est bien sûr l’objectif à long terme, répond le pasteur strasbourgeois. Il nous faut d’ici là tirer les conséquences de notre déclaration commune sur notre compréhension réciproque de ce qu’est l’Église. L’adoption du texte nous permet de poursuivre les recherches sur les questions elles aussi centrales du ministère, des sacrements, de l’autorité dans l’Église. Dans ces domaines, les luthériens demanderont également que l’on parvienne à des compréhensions différenciées comme dans la déclaration commune. Mais nous avons engagé le plus important».
Interrogé sur la réception de l’accord du côté protestant, A. Bimerlé insiste: l’unité ne signifie pas une nouvelle uniformité. Des théologiens s’inquiètent: qu’est-ce qui fait la spécificité protestante aujourd’hui? «On n’est pas à l’abri de réflexes identitaires, de part et d’autres», note le pasteur. Il ne s’agit pas de mettre un point final aux travaux, mais de les développer et de les ouvrir aux autres familles protestantes. «Cet accord ne doit pas faire peur, ajoute-t-il. Le souci de la Réforme était que l’enseignement sur la justification soit repris par toute l’Église. Il ne s’agissait pas, à l’origine, de provoquer une division. On ne peut donc que se réjouir de l’étape actuelle». (apic/cip/cx/pr)




