Singapour : L'Eglise catholique confrontée à une affaire d’abus sexuel sur mineure
Accusations contre deux prêtres
Singapour, 12 juillet 2013 (Apic) Deux prêtres catholiques de Singapour sont soupçonnés d’abus sexuels sur une jeune fille mineure au milieu des années 1990. Suite à la révélation de l’affaire par la presse, l’Eglise locale a indiqué le 8 juillet 2013 vouloir faire tout ce qui est en son pouvoir pour que la justice soit rendue tant au plan civil qu’ecclésial.
L’affaire en question a été mise sur la place publique par un article du 6 juillet du tabloïd local ‘The New Paper’, rapporte l’agence d’information des Missions étrangères de Paris ‘Eglises d’Asie’. L’article rend compte de la publication, l’an dernier en Australie, de la biographie d’une certaine Jane Leigh, intitulée : ‘Mes neuf vies – De victime à survivante, itinéraire d’une psychothérapeute’.
Aujourd’hui âgée de 36 ans, Jane Leigh y raconte son parcours de petite fille abusée sexuellement à l’âge de 6 ans par son père, puis d’adolescente abusée à l’âge de 13 ans par un prêtre catholique de son entourage. Deux ans plus tard, elle sera à nouveau victime d’abus sexuels par un autre prêtre, auprès duquel elle était venue chercher un soutien spirituel. Dans son livre, les noms des deux prêtres ne sont pas cités, mais l’ordre religieux auquel appartient l’un d’eux est mentionné. Jane Leigh a quitté Singapour à l’âge de 18 ans pour l’Australie.
Ce sera parole contre parole
Le journaliste de ‘The New Paper’ a retrouvé les prêtres mis en cause. L’un des deux a depuis quitté la prêtrise. Confronté aux accusations dont ils sont l’objet, les deux ont réagi avec surprise et ont nié les faits. Ils reconnaissent avoir été en contact avec l’adolescente mais sans avoir entretenu avec elle les relations qu’elle leur prête. Dans l’article de The New Paper, Jane Leigh déclare qu’elle ne souhaite pas porter plainte, arguant du fait que tant d’années après les faits, «cela sera parole contre parole».
Pour l’archidiocèse de Singapour, «toute information faisant état d’une éventuelle inconduite sexuelle de la part de son clergé, ou de personnes qui travaillent pour le diocèse à titre bénévole ou salarié fait l’objet d’une attention approfondie», indique le communiqué. «L’Eglise fera preuve de fermeté face à toute injustice avérée et prendra toutes les mesures réparatrices et préventives qui s’imposent», affirme encore l’archidiocèse. Il souligne néanmoins qu’il «n’hésitera pas à prendre les mesures nécessaires afin de protéger l’intégrité de l’institution contre ceux qui cherchent à discréditer l’Eglise et ceux qui la constituent.».
L’archidiocèse a mis en place il y a quelques années une structure spécialement dédiée à l’étude des informations concernant les plaintes pour abus sexuels sur mineurs.
A Singapour, l’Eglise catholique réunit 5 % des 5,5 millions d’habitants de la cité-Etat. (apic/eda/mp)




