Bulgarie: Décès du patriarche Maxime de l’Eglise orthodoxe bulgare

Accusé de compromission avec le régime communiste

Sofia, 6 novembre 2012 (Apic) Le patriarche orthodoxe de Bulgarie Maxime est décédé le 6 novembre 2012 à l’âge de 98 ans. Le patriarche aura été durant plus de 40 ans à la tête de l’Eglise de Bulgarie marquée par une forte répression durant l’époque communiste puis par de profondes divisions après le changement politique.

Le patriarche est décédé d’une faiblesse cardiaque au terme d’une brève maladie, a indiqué la direction de l’Eglise bulgare. Né en 1914, Maxime avait été élu en 1971 à la tête de l’Eglise orthodoxe bulgare. Dans les années 1990, après la chute du communisne, il avait été au centre de la polémique au sujet de l’attitude de l’Eglise orthodoxe sous le régime communiste. Les querelles internes ont été officiellement réglées après 2008, mais elles subsistent en arrière-fonds. Environ 80% des 7,5 millions de Bulgares se rattachent à l’Eglise orthodoxe. On compte 10% de musulmans et moins de 1% de catholiques.

Les opposants au patriarche Maxime lui reprochaient sa collaboration avec le régime communiste. De fait, il avait été installé par le pouvoir. Selon ses adversaires, sa nomination résultait d’une grossière manipulation des organes ecclésiastiques et n’avait donc pas été faite régulièrement. Comme le patriarche refusait de démissionner, ses opposants avaient désigné en 1992 un «contre-patriarche».

La fraction opposée au patriarche avait alors établi son propre synode et avait occupé des églises et des couvents avec le soutien du premier gouvernement démocratique du pays. En 1998, une partie des évêques dissidents ont accepté la tenue d’un concile «pan-orthodoxe» bulgare à Sofia et un premier rapprochement a été opéré. En 2004, la querelle avait à nouveau rebondi, le patriarche avait obtenu du nouveau gouvernement et des tribunaux l’expulsion par la police des dissidents de quelque 250 églises, monastères ou édifices religieux. Ce n’est finalement qu’en 2008 que le «contre-patriarche» – qui n’avait obtenu aucune reconnaissance des autres Eglises orthodoxes – a accepté de se retirer et que les dissidents sont rentrés dans le rang.

Un rapport de la Commission nationale d’enquête sur les services secrets publié au début de l’année a clairement démontré que durant l’époque communiste pour les évêques orthodoxes, seule la collaboration ouvrait les portes de l’Ouest. Après chaque voyage en Occident, ils devaient rendre compte de manière détaillée aux services de renseignements. Le nom du patriarche Maxime n’était cependant pas cité dans le rapport.

Le patriarche Maxime reconnaissait lui-même avoir commis des erreurs. Mais il a toujours estimé que les compromis faits avec les communistes n’avaient pas causé de dommages à son Eglise. (apic/kap/mp)

6 novembre 2012 | 12:20
par webmaster@kath.ch
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