Accusée d’avoir «cherché à corrompre et à ralentir l’esprit révolutionnaire et républicain»

France: Sœur Marguerite Rutan, une nouvelle bienheureuse française

Dax, 17 mars 2011 (Apic) Sœur Marguerite Rutan (1736-1794) sera béatifiée, le 19 juin 2011, aux arènes de Dax en France. Fille de la Charité de Saint Vincent de Paul, directrice de l’hôpital de Dax, elle a été guillotinée pendant la Terreur, annonce le communiqué de la Conférence des évêques de France (CEF) du 17 mars.

Le diocèse d’Aire et Dax, les Filles de la Charité de saint Vincent de Paul et la Congrégation de la Mission célébreront la béatification de Sœur Marguerite Rutan, le 19 mars prochain. Elle a été une pionnière de l’action sociale et une martyre de la foi.

Présentation à la CEF

Mgr Philippe Breton, évêque d’Aire et Dax, le Père Jean-Pierre Renouard, lazariste en charge de sa béatification, le Père Bernard Hayet, vicaire général du diocèse d’Aire et Dax, Jean-François Alix, directeur du service de la communication d’Aire et Dax, présenteront Sœur Marguerite Rutan et les fêtes de la béatification, le 24 mars 2011, à 15 heures, à la CEF (58 avenue de Breteuil à Paris).

Encadré

Marguerite Rutan

Marguerite Rutan est née à Metz, le 23 avril 1736. Issue d’une famille nombreuse (15 enfants) fort modeste, elle entre chez les filles de la Charité. A la demande de l’évêque, elle est envoyée à Dax pour diriger l’hôpital.

Après la suppression des ordres religieux sous la Révolution, les sœurs de saint Vincent de Paul changent leur nom en celui de dames de la Charité. Elles continuent à se dévouer au service des pauvres. Le 3 octobre 1793, les religieuses sont invitées à choisir entre prêter serment à la Constitution ou être expulsées. Toutes refusent de jurer. A la fin de l’année, sœur Marguerite est accusée d’avoir «par son incivisme, cherché à corrompre et à ralentir l’esprit révolutionnaire et républicain» des militaires en traitement à l’hôpital. Elle est envoyée à la maison de réclusion des Carmes, transformée en prison. Le 8 avril, elle comparaît en compagnie du père Jean Eutrope de Lannelongue, curé de Gaube et prêtre réfractaire. Tous deux sont guillotinés le lendemain. Marguerite chante le Magnificat en marchant vers l’échafaud. Elle repousse le bourreau, par ces mots: «Aucun homme ne m’a jamais touchée». Ensuite, elle ôte son mouchoir de tête et ses fichus de cou.

Un an plus tard, le directoire du district déclare, à son sujet: «La commune de Dax regrettera longtemps cette femme vertueuse qui, par caractère tenant à son opinion religieuse, a été inhumainement sacrifiée sur des motifs dont la preuve reste encore à acquérir». Le 9 avril 1905, date anniversaire de son exécution, un acte civil solennel de réparation est adressé pour la respectable victime. Le 1er juillet 2010, le pape Benoît XVI autorise la publication du décret du martyr en haine de la foi de Marguerite Rutan. Cette décision était la dernière étape avant la béatification, célébrée à Dax le 19 juin 2011. (apic/com/ggc)

17 mars 2011 | 17:22
par webmaster@kath.ch
Partagez!