Arabie Saoudite: Des femmes derrière les comptoirs des magasins de lingerie
Acheter son soutien-gorge sans gêne
Rihad, 4 janvier 2011 (Apic) Une loi interdisant aux hommes de travailler dans les magasins de lingerie et de vêtements féminins devrait entrer en vigueur le 5 janvier 2012 en Arabie Saoudite. Cette décision du roi Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud est contestée par les musulmans conservateurs, indique le quotidien britannique «The Guardian» dans son édition du 2 janvier.
«C’est une décision positive et courageuse. Comme beaucoup de femmes, j’étais embarrassée de devoir acheter mes dessous à un homme me posant des questions sur mes mensurations», a confié Samar Mohammed, une institutrice de 37 ans, à l’AFP le 4 janvier. Comme cette dernière, de nombreuses femmes saoudiennes ressentaient un malaise à l’heure des achats. Elles ont donc lancé une campagne de boycott envers les magasins de lingerie.
Et il semble que leur revendication ait été entendue. Une loi de 2006, qui avait été bloquée par les conservateurs religieux, entrera demain en vigueur. Si de nombreux hommes vont perdre leur emploi, la décision royale permettra de créer près de 44’000 places de travail pour les femmes d’Arabie Saoudite. D’après Fahd al-Takhifi, un responsable du ministère du Travail, 28’100 femmes auraient déjà demandé à travailler dans ces magasins.
La réforme a provoqué l’ire d’Abel Aziz Al-Cheikh, le mufti d’Arabie saoudite. «Le fait qu’une femme se tienne face à face avec un homme en lui vendant des produits sans pudeur ou honte peut conduire au méfait, dont le fardeau retombera sur les propriétaires de magasins», a-t-il menacé, invitant ces derniers à craindre Dieu et à ne pas céder devant la décision du roi.
En Arabie Saoudite, la ségrégation entre les sexes est très importante. Cependant, elle n’est pas absolue. Ainsi, les femmes occupent de hauts postes dans des universités ou travaillent comme ingénieurs, médecins ou infirmières. (apic/theguardian/afp/amc)



