Philippines: Une Eglise protestante et des familles de victimes réclament des dommages et intérêts
Action judiciaire à l’encontre de l’ancienne présidente
Quezon City, 18 juin 2011 (Apic) Un groupe de chrétiens protestants a intenté, le 16 juin 2011, une action judiciaire contre l’ancienne présidente des Philippines, Gloria Macapagal-Arroyo, aujourd’hui députée de la province de Pampanga. Les plaignants réclament des dommages et intérêts de 4,3 millions de pesos, soit 70’000 euros, a rapporté le 17 juin Eglises d’Asie (EDA), agence d’information des Missions étrangères de Paris.
Les plaignants demandent la reconnaissance et la sanction des assassinats, des actes de torture, d’enlèvement, de séquestration et autres violations des droits de l’homme qui ont marqué la présidence de Gloria Arroyo.
La requête en recours collectif (procédure permettant à plusieurs personnes ayant subi un préjudice commun de poursuivre une personne ou une institution publique afin d’obtenir une indemnisation morale ou financière. Né aux Etats-Unis, ce système de procédure est aujourd’hui utilisé dans de nombreux pays., ndlr) a été déposée devant la Cour régionale de Quezon City par cinq familles de victimes, par le Révérend Guerrero (enlevé en mai 2007, détenu et torturé pendant 16 mois) et par Mgr Reuel Norman O. Marigza, nouveau secrétaire général de l’»United Church of Christ in the Philippines» (l’Eglise unifiée du Christ des Philippines, UCCP). 25 membres de l’UCCP, prêtres comme laïcs, ont été assassinés durant le mandat présidentiel de Gloria Macapagal-Arroyo, de 2001 à 2010.
Mgr Marigza accuse l’ancienne présidente de violations multiples des droits de l’homme et d’avoir utilisé l’armée pour éradiquer toute opposition au régime. A cette époque selon Mgr Marigza, l’UCCP était visée dans le cadre de la lutte armée contre le parti communiste. Elle y a été assimilée en raison de ses prises de position.
Rôle prépondérant de l’armée dans les exécutions
L’ONG de défense des droits de l’homme «Karapatan» (Alliance for the Advancement of People’s Rights) a recensé plus de 1’188 exécutions extrajudiciaires aux Philippines, depuis 2001. Elles sont effectuées par les forces armées des Philippines ou des milices sous contrôle militaire. Bon nombre des membres de «Karapatan», proches des Eglises protestantes, en particulier de l’Eglise indépendante des Philippines, ont été assassinés lors d’enquêtes menées sur des meurtres et massacres non élucidés.
Cette action en justice collective est menée le 16 juin, jour où la Cour Suprême a rendu son verdict concernant la couverture médiatique controversée du procès des responsables du massacre de Maguindanao, en novembre 2009. Cette tuerie a été commanditée par le clan des Ampatuan, une famille alliée de la présidente Arroyo, contre un clan rival.
Durant les dernières années de présidence de Gloria Arroyo, l’Eglise catholique a appelé à plusieurs reprises le gouvernement à «enquêter en toute transparence sur les disparitions et les exécutions extrajudiciaires». (apic/eda/ggc)



