Activités de la Communauté de travail des œuvres d’entraide suisses en 1999

Domestiquer le «capitalisme sauvage»

Berne,

(APIC) Lutter contre la mondialisation à tout crin et œuvrer au désendettement des pays en développement. Tels ont été les deux axes de l’activité l’an passé de la Communauté de travail des œuvres d’entraide suisses Swissaid, Action de Carême, Pain pour le Prochain et Caritas. La communauté s’est aussi attachée à fixer des règles commerciales plus équitables, dans l’intérêt des pays du sud et à promouvoir l’initiative en faveur de l’adhésion de la Suisse à l’ONU.

«Le capitalisme sauvage s’étend et prend le pas sur la politique», avertit Peter Nigli, directeur de la Communauté de travail des œuvres d’entraide suisse, dans son rapport annuel. Conséquences de la dérégulation, la société se radicalise avec «l’enrichissement éhonté des uns, le dénuement intolérable des autres, le fétichisme autour du progrès technique, l’émergence d’un fondamentalisme réactionnaire, le pillage des ressources et la destruction de la planète».

En 1999, la communauté de travail des œuvres d’entraide suisses s’est attachée à contrecarrer cette évolution et à représenter les intérêts des pays pauvres. Elle veut contrôler et imposer des mécanismes à l’échelon national et international pour organiser et «domestiquer» le capitalisme mondial, explique encore Peter Niggli. C’est dans ce but que la communauté de travail est entrée dans l’alliance mondiale contre la troisième conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), à Seattle, fin 1999.

Pour un commerce plus juste

La communauté de travail a proposé de remplacer le sommet du millénium de l’OMC par un sommet du développement. Elle a aidé les pays en voie de développement à résister à la nouvelle vague de la libéralisation et demandé à la délégation suisse de l’OMC de promouvoir une analyse des répercussions économiques, sociales et écologiques de la libéralisation du commerce sur les pays du sud. Aux côtés des mouvements paysans, écologiques et des syndicats, elle a lancé un appel commun à la veille de la Conférence ministérielle, qui a abouti à la création d’un centrale suisse de coordination pour un commerce plus équitable. 30 organisations critiques par rapport à l’OMC y affûtent leurs arguments en vue des prochaines négociations.

Autre cheval de bataille de la communauté de travail des œuvres d’entraide suisses, le désendettement rapide et complet des pays les plus grevés. Les chefs d’Etats des sept grandes puissances économiques (G7) ont fait un premier pas dans cette direction lors du sommet économique de Cologne, en juin 1999. Ces améliorations ont été concédées sous la pression des 17 millions de signatures au bas d’une pétition demandant la remise immédiate et totale de la dette des pays les plus pauvres de la planète. On est cependant encore loin des promesses faite en Allemagne.

Aboutissement de l’initiative en faveur de l’ONU

La communauté de travail a pris une part active à l’application du programme suisse de désendettement, voté en 1991 par le Conseil fédéral et les chambres.

Elle a investi un effort considérable, et notamment financier, pour le dépôt de l’initiative en faveur de l’adhésion de la Suisse à l’ONU, en mars 2’000, munie de 146’000 signatures.

Fondée en 1971 par Swissaid, l’Action de Carême, Pain pour le Prochain, Helvetas et Caritas, la communauté de travail a pour but de renforcer l’efficacité des cinq organisations privées de développement dans la réalisation de leurs tâches communes. Elle promeut un développement équitable, pacifique et respectueux de l’environnement. (apic/mos/job/mjp)

4 juillet 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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