Addis-Abeba: 7e Assemblée générale de la Conférence des Eglises de toute l’Afrique

L’Eglise n’est pas le «chien de salon de l’Etat», dit Mgr Tutu

Addis-Abeba, 7 octobre 1997 (APIC) – Pour Mgr Desmond Tutu, les Eglises ne doivent pas être «les petits chiens de salon» de l’Etat. L’ancien archevêque anglican du Cap, aujourd’hui président de la Commission «Vérité et réconciliation» de l’Afrique du Sud, a déclaré que les Eglises devraient toujours se réserver le droit de faire preuve de «solidarité critique» envers l’Etat.

L’archevêque Tutu, connu dans le monde entier pour son opposition à l’apartheid, a lancé cette mise en garde lors du premier jour de la Septième Assemblée générale de la Conférence des Eglises de toute l’Afrique (CETA), qui se tient du 4 au 10 octobre à Addis-Abeba, capitale de l’Ethiopie,

La CETA est l’une des organisations oecuméniques régionales les plus grandes du monde, et elle rassemble 142 Eglises du continent. Plus de 300 délégués avec droit de vote sont réunis dans la capitale éthiopienne, ainsi que 500 observateurs, dont un grand nombre représentent des Eglises et organismes hors d’Afrique.

Mgr Tutu, président de la CETA, a fait ses remarques en réponse à l’allocution de bienvenue du président éthiopien, Negaso Gidada. Remerciant les Eglises du monde entier pour l’assistance qu’elles ont apportée à l’Ethiopie, le président Gidada a encouragé les Eglises africaines à exercer leur autorité morale et spirituelle pour accroître le développement et enseigner la tolérance et la compréhension réciproque.

Relevant que la communauté internationale ne fait pas assez pour aider l’Afrique à éradiquer la pauvreté, la famine et la maladie, le président Gidada a appelé les Eglises à déployer tous leurs efforts en vue de la mobilisation des ressources, en Afrique et hors du continent.

Tout en approuvant la vision présentée par le président éthiopien, l’archevêque Tutu a averti qu’une coopération non critique avec l’Etat était un piège pour les Eglises. «Une Eglise qui accepte d’être cooptée dans le système gouvernemental est un petit chien de salon; elle n’est pas une Eglise de Dieu», a-t-il lancé. L’Eglise a été créée non pour se conformer à la volonté de l’Etat mais pour accomplir «la volonté de Dieu». (apic/eni/mp)

10 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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