Rome: Mises au point de Jean Paul II aux évêques allemands
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Ne pas remettre en question la doctrine de l’Eglise et sa discipline
Rome, 18 novembre 1999 (APIC) Le pape a confirmé jeudi explicitement aux évêques allemands sa décision sur les centres de consultation catholiques pour des femmes enceintes envisageant l’avortement.
Jean Paul, en recevant au Vatican le second des trois groupes des évêques allemands actuellement à Rome pour leur visite ad limina, a en outre fait des mises au point au sujet du baptême des petits enfants et de la célébration de cérémonies dominicales sans prêtres.
Dans la matinée, le pape s’était entretenu en privé avec plusieurs évêques allemands notamment Mgr Karl Lehman, évêque de Mayence et président de la Conférence épiscopale allemande.
«La Providence divine m’a confié peut-être le siège de saint Pierre, au moment de l’entrée du troisième millénaire, pour que je sois l’avocat passionné de la défense de la vie», a déclaré solennellement Jean Paul II au début de son discours adressé aux évêques allemands. «J’ai considéré qu’il était de mon devoir de résoudre les dissonances créées entre vous et les Eglises particulières qui vous sont confiées», a ajouté le pape. «En cherchant à harmoniser de nouveau les voix singulières dans l’unique grande symphonie pour la vie à laquelle l’Eglise catholique doit rester fidèle en tous temps et en tous lieux».
Souhaitant que l’Eglise en Allemagne «rende témoignage avec unanimité et clarté en faveur de l’Evangile de la vie», Jean Paul II a mis en avant l’expérience concrète vécue dans sa jeunesse, «lorsque la vie humaine était piétinée et systématiquement anéantie», faisant allusion à ce sujet au camp de concentration d’Auschwitz, sans toutefois le nommer, mais en évoquant un lieu proche de sa ville natale de Wadowice.
Accepter la plénitude de l’enseignement de l’Eglise
Jean Paul II a ensuite mis les évêques en garde contre «la pression psychologique de certains milieux de la société civile en Allemagne, qui pousse aussi les fidèles catholiques à remettre en question la doctrine de l’Eglise et sa discipline. Dans un climat d’individualisme religieux diffus, certains membres de l’Eglise s’arrogent même le droit de choisir en matière de foi les enseignements qui selon eux, seraient admissibles, et ceux qui, au contraire, devraient être refusés», a déploré le pape. «Pourtant les vérités de la foi constituent un ensemble organique qui ne permet pas de telles discriminations arbitraires» a-t-il insisté. «Celui qui s’y prête ne peut donc pas se considérer comme cohérent avec la foi qu’il professe».
Jean Paul II a alors rappelé aux évêques que c’est pour eux un «devoir fondamental d’inviter les membres de l’Eglise à accepter dans toute sa plénitude l’enseignement de l’Eglise qui fait autorité en ce qui concerne les questions de foi et de morale. Nous ne devons pas nous décourager si notre annonce n’est pas entendue partout», a-t-il fait remarquer. Le remède le plus efficace pour combattre l’erreur est l’annonce courageuse et sereine l’Evangile, «à temps et à contre-temps».
Le pape a par ailleurs présenté aux évêques plusieurs mises au point concernant la pratique des sacrements dans l’Eglise allemande. Il a notamment invité les évêques à rendre plus facile le baptême des jeunes enfants. «C’est avec justesse que dans les pratiques pastorales de vos Eglises locales on insiste sur l’exigence d’administrer le baptême seulement dans le cas où on a l’espérance fondée que l’enfant sera éduqué dans la foi catholique, de façon à ce que le sacrement porte du fruit» leur a-t-il dit.
«Il arrive toutefois que les normes de l’Eglise sont interprétées de manière plus restrictives que ce qu’elles exigent vraiment», a poursuivi Jean Paul II. Pour le pape, il arrive souvent en Allemagne que le baptême d’un enfant soit remis à plus tard ou même refusé aux parents, sans motif suffisant. A ce sujet que s’il est juste que les parents soient préparés de manière adéquate au baptême de leur enfant, il est aussi important que celui-ci soit vu surtout comme «un don gratuit» de Dieu à l’enfant.
Assemblées dominicales sans prêtres
Jean Paul II a encore évoqué la question des assemblées dominicales se déroulant en l’absence d’un prêtre. Tout en rendant hommage aux religieux et laïcs qui s’en chargent, le pape a souligné qu’une telle situation, «louable en situation d’urgence», ne doit être que «provisoire», et ne peut donc pas «être considérée comme satisfaisante», parce qu’elle comporte le risque d’un «appauvrissement spirituel progressif».
Jean Paul II a insisté sur la nécessité de revenir à la pratique du sacrement de la réconciliation en Allemagne, qui est aujourd’hui, a-t-il déploré, «plutôt désertée malheureusement, même dans les régions catholiques de votre pays».
Malgré ces mises au point, le pape a tenu à plusieurs reprises à rendre hommage au clergé allemand, tant aux évêques qu’à ses prêtres qu’il a invités à ne pas se décourager, malgré le vieillissement du clergé, malgré un travail qui les voit se dépenser «parfois jusqu’à l’extrême limite de leurs forces», ou encore face à la réduction préoccupante des catholiques qui vont à la messe le dimanche. (apic/imed/ba)




