Potsdam: Débat anime sur l’orientation future du COE
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L’Eglise orthodoxe russe tente d’imposer ses vues et menace
Potsdam, 1er février (APIC) L’Eglise orthodoxe russe menace encore et toujours de quitter le COE, si elle n’obtient pas satisfaction sur un certain nombre de revendications. Les membres orthodoxes et protestants du Comité central du Conseil oecuménique des Eglises (COE), qui se tient à Potsdam, près de Berlin, du 29 janvier au 6 février ont discuté lors d’un débat animé de l’orientation future de la plus grande organisation oecuménique du monde.
Le prêtre orthodoxe russe Hilarion Alfeyev, du Département des relations extérieures du patriarcat de Moscou, estime que les Eglises orthodoxes, parce qu’elles sont en minorité [au sein du COE, n’avaient pas la possibilité d’exprimer leurs préoccupations. En cas de vote. «Les Eglises orthodoxes sont toujours destinées a perdre, même si elles sont parvenues a un accord entre elles».
Hilarion Alfeyev a présenté plusieurs solutions radicales, dont certaines ont été proposées par son Eglise. Ces proposition sont actuellement examinées par une Commission spéciale chargée d’étudier la participation des orthodoxes au COE. Mise en place il y a deux ans, cette commission a présenté mercredi son rapport intérimaire au Comité. Elle compte 60 membres, 30 orthodoxes et 30 non-orthodoxes, et prévoit de se réunir deux fois durant les prochains 18 mois. Son rapport final au Comité central sera divulgué en septembre 2002.
Hilarion Alfeyev a notamment mis l’accent sur l’engagement de son Eglise envers le COE. A la fin de son allocution, il a laisse entendre que si des changements n’intervenaient pas, l’Eglise orthodoxe russe, la plus grande du COE, quitterait l’organisation. «L’Eglise orthodoxe russe voit son avenir dans le COE comme dépendant directement des résultats de la commission spéciale».
Divergences
John H. Roberts, pasteur méthodiste d’Aotearoa/Nouvelle-Zelande, a mis l’accent sur un certain nombre de divergences entre les Eglises orthodoxes et les plus libérales parmi les Eglises protestantes: homosexualité, ordination des femmes… et l’emploi du langage inclusif pour parler de Dieu. Selon le rapport intérimaire, le pape Shenouda III, responsable de l’Eglise orthodoxe copte, a signalé que ces questions constituaient une menace pour l’unité et la communion fraternelle des Eglises.
«Les Eglises orthodoxes ont des difficultés avec ces questions», a fait remarquer le pasteur Roberts. «Mais pour d’autres Eglises membres, elles sont les défis théologiques d’aujourd’hui». Le COE, a-t-il dit, doit devenir «un lieu de dialogue authentique» sur ces questions. A son avis, les propositions visant a changer la représentation au sein du COE en groupes confessionnels ou familles d’Eglises risquent d’étouffer les voix de plus petites Eglises comme celles de son pays, ou cinq Eglises sont membres du COE mais n’ont au total qu’un siège au Comité central. (apic/eni/pr)




