Les jésuites italiens veulent un tri de l’immigration

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Immigrés légaux contre clandestins… malfaiteurs

Rome, 5 mars 1999 (APIC) Les jésuites italiens entrent dans le débat sur les clandestins. Pour dire non au laxisme des autorités. Les mesures prises pour la protection temporaires des victimes de conflits ou de désastres naturels n’appartenant pas à l’Union européenne profitent essentiellement «aux malfaiteurs et aux trafiquants de drogue», affirment-ils.

Dans son dernier numéro, la revue des Jésuites italiens «La Cilvità Cattolica» réclame de façon énergique la révision de la nouvelle loi italienne sur l’immigration, loi dite ” Turco-Napolitano «, votée le 6 mars 1998 et jugée par la revue trop laxiste vis à vis des immigrés clandestins.

Pour les jésuites italiens, la «remise à la frontière» et «l’expulsion administrative» des immigrés clandestins prévues par cette loi n’ont pas suffi pour contenir le «déferlement de l’immigration clandestine». Par ailleurs, soutiennent-ils, les mesures prévues pour la protection temporaire des victimes de conflits, de désastres naturels ou d’autres événements graves ayant lieu dans des pays n’appartenant pas à l’Union européenne ont profité ” aux malfaiteurs et aux trafiquants de drogue «.

Pour «La Cilvità Cattolica», il faut donc aller plus loin pour contenir l’immigration clandestine, en utilisant tous les moyens «licites du point de vue moral et juridique». Il ne s’agit pas de «fermer les portes à l’immigration», explique l’article, mais d’assurer «un véritable accueil des immigrés légaux», qui permette leur «intégration socio-culturelle» en Italie, sans risquer de créer des «conflits raciaux».

Pour les jésuites italiens, il faut pour cela promouvoir «un contrôle efficace des frontières entre les Etats souverains», car la paix sociale des communautés nationales et internationale est à ce prix. Concrètement, cela suppose qu’on élimine de la dernière loi italienne sur l’immigration toutes les normes qui empêchent la mise en oeuvre efficace des procédures d’expulsion des immigrés clandestins. Bref, il s’agit de rejeter toute «fausse solidarité», qui empêche de répondre aux «vrais problèmes». «L’Eglise a le devoir de défendre et de promouvoir la culture de la légalité et la justice», indique l’article de «La Cilvità Cattolica»

A la lecture de cet article, Mgr Vinicio Albanesi, président de la Coordination nationale des Communautés d’accueil, s’est «étonné qu’un organe de religieux engagé dans des oeuvres missionnaires ne sache pas reconnaître les problèmes de survie qui poussent tant d’immigrés à venir en Italie». De son côté, Mgr Luigi Petris, directeur de «Migrantes», la fondation de la Conférence épiscopale italienne qui s’occupe de l’immigration, s’est dit d’accord avec les Jésuites sur la nécessité d’être sévère envers les immigrés clandestins. En revanche, il est d’avis que la loi sur l’immigration du 6 mars 1998 est une «bonne loi», le problème, selon lui, étant simplement de réussir à l’appliquer. (apic/imed/pr)

5 mars 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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