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Israël: Nouvelles critiques sur l’accord entre le Saint-Siège et l’OLP
Mécontentement en Israël: le pape doit aussi nous respecter
Jérusalem, 17 février 2000 (APIC) En Israël et dans la diaspora juive, les critiques continuent de pleuvoir sur l’accord entre le Saint-Siège et l’OLP signé mardi au Vatican. «Si le pape veut qu’on l’écoute et qu’on le respecte, il doit agir de la même manière à notre égard», a déclaré mercredi le député à la Knesseth Michael Melchior, qui est également ministre chargé des affaires de la diaspora.
Michael Melchior a toutefois déclaré qu’Israël devrait accueillir le pape Jean Paul II attendu le mois prochain dans le pays, malgré le récent accord signé entre le Saint-Siège et l’OLP. Par contre, il faut que le pape sache clairement qu’Israël est très mécontent de la dénonciation par le Saint-Siège des décisions unilatérales concernant Jérusalem, qualifiées par le Vatican de «moralement et légalement inacceptables».
L’accord de mardi a été très mal ressenti dans les milieux politiques en Israël. Le directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères Eytan Bentsur a convoqué mercredi aux premières heures le nonce apostolique Pietro Sambi. Ce qui l’a particulièrement mis en colère, c’est le passage de l’accord suggérant un manque de liberté dans la vieille ville de Jérusalem, annexée illégalement par Israël en 1967, où se trouvent les lieux saints chrétiens.
«A aucun moment de l’histoire, il n’y a eu autant de liberté que maintenant», a-t-il déclaré à Mgr Sambi. Il a non seulement déploré le contenu de l’accord signé par Jean Paul II et le président Yasser Arafat, mais également le «timing», juste avant la visite du pape. Il a encore souhaité la bienvenue au souverain pontife, tout en espérant qu’il ne viendra pas avec ses «idées préconçues» sur les résultats des négociations entre Israël et l’Autorité palestinienne.
Meron Benvenisti: «Si les Israéliens pouvaient être moins égocentriques…»
Grand connaisseur de Jérusalem, l’Israélien Meron Benvenisti tempère les propos de l’establishment politico-religieux israélien. Dans une contribution jeudi au quotidien israélien «Haaretz», intitulée «La théologie d’un accord», il estime que «si les Israéliens pouvaient être moins égocentriques, arrivaient à modérer leur attitude historico-théologique envers les gentils (les non juifs), à réfréner leur ambition de servir de conseil de la communauté du peuple juif passé, présent et à venir, et pouvaient agir en tant que citoyens d’un Etat profane, souverain et rationaliste, ils comprendraient les facteurs qui sont derrière la décision du Vatican de signer un accord avec Yasser Arafat.»
Meron Benvenisti souligne la fausse perspective du gouvernement israélien, pris par surprise par un tel accord dont il connaissait pourtant l’élaboration. Pour lui, les responsables israéliens mettent toujours en avant les relations historico-religieuses complexes entre le christianisme et le judaïsme et considèrent comme prioritaire cette relation par rapport aux liens diplomatiques et pratiques habituels entre des entités souveraines. «Evidemment, cette erreur de perspective vient du lourd héritage de deux millénaires d’interactions intimes et douloureuses entre les juifs et leurs persécuteurs chrétiens.»
Une mauvaise interprétation de l’accord en Israël, affirme le nonce Pietro Sambi
Le nonce Pietro Sambi a, quant à lui, tenu à souligner qu’apparemment l’accord n’a pas été complètement compris en Israël. «Ce n’est pas une prise de position politique, mais une déclaration sur la nature religieuse de Jérusalem et son importance pour les trois grandes religions». Le ministère israélien des Affaires étrangères a fait savoir qu’il allait vérifier ces prochains jours si l’accord en question entre en conflit avec les accords existant entre le Vatican et Israël.
Langage «offensant»
Pour sa part, Seymour Reich, président du Conseil juif international pour les consultations interreligieuses, a qualifié d’»offensant» le langage utilisé dans l’accord, en particulier parce qu’il est rendu public pendant les préparations de la visite papale. Mais il affirme ne pas être surpris: «Chaque fois qu’ils avancent dans les relations entre le Vatican et les juifs ou le Vatican et Israël, ils s’arrangent pour faire un pas en arrière». La Ligue Anti-Diffamation (ADL) a également exprimé son inquiétude concernant l’accord entre le Saint-Siège et l’OLP. Abraham Foxman, directeur national de l’ADL, a dénoncé une «interférence qui n’aide pas» les négociations bilatérales entre Israël et les Palestiniens sur des sujets comme le processus de paix et le statut de Jérusalem. (apic/jpost/haar/be)




