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Burundi: 260 victimes par jour dans l’enfer des camps de «protection»

Un rapport dramatique sur le sort des personnes regroupées

Bujumbura, 12 mai 2000 (APIC) Au moins 260 civils hutus meurent chaque jour dans les 53 «sites de protection» des communes de Kabezi, Kanyosha, Isare, Mugaruro et Mutambu situées dans la province burundaise de Bujumbura Rural, où ils sont regroupés par les militaires gouvernementaux. C’est ce que dénonce l’agence catholique missionnaire «Misna» en reprenant un rapport rédigé par les personnes recluses dans ce qu’elles n’hésitent pas à définir comme de véritables camps de concentration.

Le document affirme que la situation humanitaire est désastreuse. Les militaires frappent les civils sans aucun motif, les menacent, leur demandent leur argent et leurs boissons alcoolisées en les faisant chanter parce qu’ils n’ont pas de papiers d’identité. Les conditions alimentaires et sanitaires sont insoutenables. On manque d’eau et de nourriture, les services d’hygiène n’existent pas et les maladies mortelles telles que la malaria se diffusent très rapidement. Les femmes, affamées, n’arrivent plus à allaiter leurs enfants, sont battues et violées par les militaires et doivent accoucher dans des conditions inhumaines.

La misère et la pauvreté envahissent les camps. Ce sont les soldats qui volent à ces pauvres gens le peu de choses qui leur appartiennent, ou qui envoient des groupes de jeunes à piller les habitations de fortune pour se faire ensuite rapporter tout ce qui a été trouvé. Des objets, un peu de nourriture et quelques papiers d’identité qui sont ensuite revendus très cher à leurs propriétaires. Il est difficile pour le moment de savoir combien de personnes sont regroupées dans les camps. En octobre de l’an dernier, un recensement les estimait à 250’000. Les raisons invoquées par les autorités burundaises pour l’installation de ces centres restent obscures.

A en croire le gouvernement, ces structures ont pour but de protéger la population des rebelles armés, de faciliter les opérations anti-guérilla conduites par les militaires, ou de `punir’ ceux qui ont fourni un soutien aux rebelles. (apic/misna/ba)

12 mai 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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