Brésil: Le nouveau jugement de José Rainha mobilise des milliers de paysans

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Le leader du MST du Espiritu Santo demande justice

Sao Paulo, 6 avril 2000 (APIC). Plus de 5’000 Brésiliens, parmi elles des représentants des mouvements sociaux, religieux et indiens, ont envahi la place devant le Tribunal Muniz Freire à Vitoria, capitale de l’Etat de Espiritu Santo. Ils attendent avec impatience une nouvelle sentence pour José Rainha Junior, du leader du Mouvement de Paysans sans terre (MST), condamné – à leurs yeux injustement – en juin 1997, à 26 ans de réclusion.

Depuis lundi, le dirigeant du MST participe à un nouveau procès. Il est accusé; d’être co-auteur du meurtre du propriétaire terrien José Machado et du policier militaire Sergio Narciso, dans un conflit de terres, en juin 1989, situé dans la localité de Pedro Canario, dans le Nord de l’Etat.

Lors du premier jugement, prononcé le 10 juin de 1997, la majorité des sept jurés l’avaient condamné à 26 ans de réclusion. Mais après 6 mois de prison, la justice dût prendre en compte de nouveaux éléments troublants. Une des jurés qui avait prononcé le verdict condamnant du leader paysan, était l’épouse du président de l’Association des grands propriétaires. Or la loi pénale brésilienne prévoit, en de telles circonstances, que le jugement doit être cassé si la peine émise excède 20 ans de prison.

D’autres facteurs, plus graves encore, tendent à innocenter totalement José Rainha. Au moment du meurtre, ce dernier se trouvait dans la commune de Quixeramobim à 400 kilomètres de Fortaleza, capitale de l’Etat du Ceara. Soit à des milliers de km. de Vitoria. Le jour du crime, le prêtre Pedro Paulo Cavalcanti a rencontré José Rainha dans une ferme située à Madalena, un hameau proche de Quixeramobim

D’autre part, dans les archives de la Chambre militaire de gouvernement de Ceara, il y a une photo dans laquelle, à la même date, le dirigeant du MST est en train de discuter avec le gouverneur du Ceara, Tasso Jereissati.

Gilmar Mauro, membre de la direction nationale du MST, raconte qu’à l’époque du crime, il régnait un climat de répression contre le MST qui lutte politiquement pour une authentique réforme agraire. Ce qui a aussi influencé le premier procès. Gilmar Mauro espère que si le tribunal actuel tient compte de ces éléments, à ses yeux déterminants, son compagnon sera acquitté. (apic/plp/ba)

6 avril 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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