Aides humanitaires inefficaces et détournées à d’autres fins

Afghanistan: Caritas Internationalis interpelle à la veille de la Conférence sur l’Afghanistan

Rome, 10 juin 2008 (Apic) Caritas Internationalis estime que les aides humanitaires apportées en Afghanistan sont insuffisantes, mais surtout inefficaces, à la veille de la Conférence internationale sur l’Afghanistan, le 12 juin à Paris. Selon l’oeuvre d’entraide catholique, les fonds sont souvent détournés de leurs objectifs.

«Une attention directe à la lutte contre la pauvreté et à la justice sociale» et «davantage de coordination pour le développement et les aides humanitaires avec des efforts visant à harmoniser la distribution et à donner la priorité à l’aide humanitaire»: c’est ce que demande la Caritas Internationalis en vue de cette conférence.

La Caritas soutient que les efforts pour le développement en Afghanistan doivent tenir compte de grands défis comme la détérioration des conditions de sécurité, l’économie souterraine, les capacités limitées des institutions naissantes, l’implication internationale diversifiée et étendue d’acteurs civils et militaires.

«Ces défis peut-on lire dans un communiqué cité par Misna, ont non seulement ralenti le développement mais ont également rendu les aides moins efficaces». L’Afghanistan est parmi les pays les plus pauvres au monde (174ème place sur les 178 pays pris en compte par le Programme des Nations Unies qui évalue l’indice de développement humain) et il est contraint d’importer des pays voisins, comme le Pakistan et l’Iran une grande partie des aliments consommés, qui ont récemment diminué leurs exportations en raison de la crise alimentaire mondiale.

Dans un tel contexte, rappelle la Caritas Internationalis, l’efficacité des aides au développement a été critiquée à plusieurs reprises car les fonds sont souvent prélevés par les organisations internationales «pour être orientés vers des objectifs autres que la réduction de la pauvreté, pour mettre en échec l’insurrection et diminuer les cultures d’opium».

Une distorsion évidente dans l’emploi des aides qui s’ajoute à l’énorme quantité d’argent souvent dépensée par le secteur militaire qui, selon une estimation de la Caritas, absorberait chaque jour environ 14 fois la somme moyenne dépensée quotidiennement depuis 2001 pour le développement. (apic/misna/pr)

10 juin 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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