Le Sénat confirme, le gouvernement tempère
Afghanistan: Condamnation à mort du journaliste Pervez Kambaksh
Kaboul, 30 janvier 2008 (Apic) Les membres du Sénat afghan ont confirmé la peine de mort prononcée par le tribunal de Mazar-e-Sharif, dans le nord de l’Afghanistan, contre un journaliste pour blasphème. Certains experts juridiques contestent la légitimité d’une telle intervention du Sénat alors que le gouvernement afghan, visiblement mal à l’aise, tente de rassurer les instances internationales en affirmant que cette sentence n’est pas définitive.
Pervez Kambaksh, 23 ans, étudiant à l’université de Balkh et reporter pour le journal local Jahan-e Naw (Nouveau Monde), a été condamné la semaine dernière à la peine capitale pour avoir écrit et distribué, à ses camarades d’université, un article «insultant l’Islam «. Il avait été arrêté le 27 octobre 2007 après avoir écrit des articles sur la place des femmes dans la société musulmane.
Pour l’ONU (Organisation des Nations Unies), qui critique la sentence, le journaliste n’a pas pu bénéficié d’un avocat durant le jugement. Ce qu’a confirmé à la BBC Yacoub Kambaksh, le frère de l’accusé alors que le gouverneur de la province de Mazar affirme que tout s’est déroulé selon les règles. Le gouvernement afghan s’est exprimé sur l’affaire en disant que le jugement n’était pas définitif. Un porte-parole du gouvernement a déclaré récemment que l’affaire devait être examinée «très soigneusement»
Pour l’instant le Sénat n’a publié qu’une déclaration sur l’affaire, qui n’a pas été voté mais a été signé par son président, Sibghatullah Mojaddedi, allié du président de la République Afghane Hamid Karzai. Cette déclaration indique que la Chambre Haute approuve la peine capitale prononcée à l’ encontre de Pervez Kambaksh par la cour de la ville de Mazar-e-Sharif.
Le Sénat poursuit en critiquant fortement ce qu’il a appelé «ces institutions et sources étrangères qui, selon lui, ont essayé de faire pression sur le gouvernement et la justice du pays car elles poursuivaient des gens comme M Kambaksh.» En effet certains gouvernements et organisations internationales ont réclamé que la sentence soit annulée.
Selon Wadeer Safi, expert juridique, s’exprimant à la BBC, la constitution Afghane ne permet pas au Sénat d’intervenir ainsi dans une affaire judiciaire. Il se dit préoccupé par cette déclaration qui remet en cause l’indépendance même des juges. Cependant Pervez Kambaksh peut encore faire appel de sa condamnation dans au moins deux tribunaux et la sentence doit être approuvé par le président Karzai, avant d’être exécutée. (apic/bbc/mc)



