Afghanistan: Le ministre «ennemi» des ONG se démet de ses fonctions
Les organisations non gouvernementales respirent
Kaboul, 14 décembre 2004 (Apic) Le ministre de la Planification afghan, Ramazan Bashardost, a démissionné du gouvernement. Les ONG présentent en Afghanistan respirent. Sa démission intervient après le refus du président Hamid Karzaï de fermer 1’935 organisations non gouvernementales (ONG) dans le pays, ainsi qu’il le souhaitait.
De longue date, Bashardost avait entrepris une bataille personnelle contre les ONG, au nombre de 2’355 dans tout l’Afghanistan, les accusant sans distinction aucune d’être inutiles et onéreuses. Le ministre pourrait définitivement sortir de scène, tandis que des sources bien informées à Kaboul considèrent qu’en réalité il ne s’agit que d’une tactique pour obtenir un autre ministère, sans doute celui de l’Education, en cas d’un possible remaniement ministériel.
«Ramazan Bashardost a en partie raison», admet Simona Lanzoni, responsable de projets pour la Fondation Pangea, une organisation non lucrative italienne active à Kaboul. Selon elle, il y a des ONG locales et internationales qui ne travaillent pas bien; alors que d’autres mènent efficacement leur propre mandat.
Selon Simona Lanzoni, dont les propos sont repris par l’Agence Misna à Rome, le ministre démissionnaire a adopté une attitude trop rigide, sans véritable stratégie politique, demandant par exemple aux ONG une liste complète de leur personnel, avec les noms, les adresses et les professions, poursuit notre interlocutrice, en Afghanistan depuis mars 2003.
Dangereuse requête
«Ceux qui vivent ici le savent bien: en cas de retour du fondamentalisme, des listes de ce genre ne feraient qu’aider les extrémistes à se débarrasser des opérateurs humanitaires. En définitive, le ministre voulait imposer un contrôle étroit du gouvernement sur des organisations qui sont, par définition, non gouvernementales».
Evoquant les nombreux coopérants humanitaires qui ont perdu la vie ces dernières années, éliminés par les talibans encore actifs dans plusieurs zones du pays, Simona Lanzoni conclut: «S’il est vrai que quelques ONG, en Afghanistan comme dans d’autres parties du monde, exploitent les situations de crise à leur avantage, il est tout aussi vrai que l’on ne résout pas le problème en chassant des milliers d’organisations du pays, mais en mettant en oeuvre une profonde révision au sein même des organismes». (apic/misna/pr)



