Afghanistan: Les diplomates occidentaux ont dû quitter Kaboul
Talibans: solidarité islamique contre le «complot des infidèles»
Kaboul, 21 août 2001 (APIC) Les diplomates occidentaux qui tentaient de venir en aide à huit travailleurs humanitaires détenus depuis le début du mois sous l’accusation de «propagation du christianisme», ont dû quitter Kaboul mardi les mains vides. Les Talibans au pouvoir en Afghanistan ont refusé la prolongation de leur visa limité à une semaine. Pendant ce temps, arguant d’un nouveau «complot des infidèles» occidentaux contre l’islam et l’Afghanistan, les fondamentalistes de Kaboul réclament la «solidarité islamique» dans cette affaire.
Les consuls d’Allemagne, des Etats-Unis et d’Australie – d’où proviennent les expatriés non afghans arrêtés pour propagande religieuse – vont cependant poursuivre leur action depuis Islamabad, au Pakistan, où ils sont en poste. Ils réclament le droit de visite de leurs compatriotes, conformément aux conventions internationales que les Talibans ne respectent pas.
Quatre Allemands, deux Américains et deux Australiens, membres de l’ONG chrétienne allemande «Shelter Now International» (SNI), ont été arrêtés avec 16 collaborateurs afghans début août par la police de Kaboul sous l’accusation d’avoir tenté de convertir des musulmans au christianisme. Si le tribunal confirme l’accusation, ils risquent la peine de mort en vertu de la charia, la loi islamique. Si les diplomates ont pu remettre quelques effets aux détenus par l’intermédiaire des Talibans, ils n’ont pas eu accès à leurs compatriotes, qui vivent coupés de tout contact depuis plus de deux semaines. Le groupe a été arrêté après que deux de ses membres, des femmes, auraient été surprises en train de montrer sur un ordinateur du matériel chrétien à une famille afghane.
Le leader suprême des Talibans, le Mollah Omar, a demandé au monde musulman de soutenir son gouvernement qui défend les valeurs islamiques et la souveraineté afghane, qualifiant la demande de sanctions contre son pays – en raison de son soutien à des réseaux terroristes comme celui d’Oussama Ben Laden – d’attaque contre la foi islamique. Seuls trois pays dans le monde reconnaissent le régime en place à Kaboul: le Pakistan, l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis. (apic/bbc/be)



