Washington, Londres et ONG: même échec
Afghanistan: Un an après, le désastre selon le responsable d’une ONG
Kaboul, 8 octobre 2002 (APIC) Un an après les premières bombes des avions des Etats-Unis et de Londres sur l’Afghanistan et sur Kaboul, rien ou presque n’a changé dans ce pays, que Washington voulait purger des éléments terroristes dirigés par Ben Laden, après les attentats du 11 septembre.
Oussama ben Laden et le mollah Omar, le guide spirituel des talibans, n’ont pas été trouvés. Et Hamid Karzaï, de l’ethnie pachtoune, à la tête du pays, ne règne en fait que sur la moitié du territoire. La pauvreté y est plus grande, les femmes et les enfants n’y ont toujours pas leur place, malgré quelques apparences bien timides, et la culture du pavot a à nouveau de beaux jours devant elle. Quant aux talibans, ils sont toujours bien présent. Mais avec une barbe un peu moins longue.
Dans plusieurs zones du pays tourmenté, la situation reste donc extrêmement instable. «Il y a lieu de distinguer entre Kaboul et le reste du territoire. Dans la capitale est arrivé ce que j’appelle le «cercle des aides». Les prix des logements sont plus élevés que ceux de Manhattan: une ONG canadienne a payé 11 mille dollars pour une petite villa. C’est là que va finir l’argent des aides, dénonce Gino Strada, fondateur et responsable de l’organisation non gouvernementale «Emergency».
A Kaboul, assure-t-il, des ONG de tous les coins du monde et qui ne se sont jamais intéressées de l’Afghanistan avant cela sont arrivées à l’improviste. Elles sont venues pour se partager la tarte et les retombées de ces aides sur la population locale. «Elles sont ridicules». Gino Strada ne mâche pas ses mots, dans un entretien accordé à l’Agence missionnaire Misna. Il suffit, dit-il, de s’éloigner de quelques kilomètres de Kaboul pour se rendre compte que la situation est toujours la même quand elle n’a pas empiré.
«A présent, les talibans ne s’appellent plus ainsi, ils ont peut-être la barbe moins longue mais il est clair qu’ils ne se sont pas volatilisés. Les peuples et les ethnies ne disparaissent pas de cette façon.», ajoute le responsable d’»Emergency». Le vrai problème, de son point de vue, est que d’ici quelques années le peuple afghan, une fois de plus, paiera les pots cassés de la politique de Washington. Les Etats-Unis arment jusqu’aux dents une faction contre l’autre. «Ils sont en train de fournir les ingrédients pour une guerre future».
Selon Strada, malgré la vielle et proverbiale hostilité entre les ethnies, une paix est possible en Afghanistan. «Mais elle n’est possible qu’à la condition que cesse toute ingérence étrangère qu’elle soit des Etats-Unis, de Londres, russe ou chinoise» soutient le responsable de l’ONG.
Emergency» gère deux hôpitaux en Afghanistan: le premier à Kaboul et le second dans la vallée du Panshir. La construction d’un troisième hôpital est en cours à Laskharga dans la province de Helmand habitée par les patchouns, près de la frontière avec l’Iran. (apic/misna/pr)




