La terrible épidémie de méningite s’est installée
Afrique : Alerte rouge de l’OMS au Nigeria, au Niger, en RDC
Dakar, 23 janvier 2008 (Apic) Les pays d’Afrique, au sud du Sahara et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sont en alerte rouge. C’est la période de l’épidémie de méningite, qui fait chaque année entre décembre et juin des milliers de morts en Afrique noire.
Selon les experts de l’OMS, l’épidémie de méningite de cette année pourrait être la plus grave qu’ait connu l’Afrique depuis dix ans. Car la bactérie de la méningite prend des proportions épidémiques dans cette partie du monde, qualifiée de « région méningitique ». Elle pourrait être particulièrement virulente cette année, à un moment où la région arrive au pic d’un cycle de 10 à 12 années de crises méningitiques. Il s’y ajoute une forte quantité de poussière dans les pays africains, liée à un déficit pluviomètrique, ainsi qu’un faible taux d’immunité observé au sein des populations.
Les premiers cas de méningite sont déjà apparus au Nigeria, au Niger et en République démocratique du Congo (RDC), a rapporté l’agence de presse de l’ONU, « IRIN » (Réseau d’information régionale intégrée).
En octobre dernier, l’OMS a tiré la sonnette d’alarme, appelant à vacciner contre la maladie, 80 millions de personnes sur les quelque 350 millions d’habitants de 21 pays d’Afrique, au sud du Sahara, allant de l’Ethiopie, à l’Est, au Sénégal, à l’Ouest.
La dernière épidémie grave de méningite en Afrique a eu lieu entre 1995 et 1997. Elle avait affecté 250 000 personnes dont au moins 25 000 étaient mortes. Entre décembre 2006 et mai 2007, en Afrique noire, environ 4’000 personnes y ont succombé dans l’ensemble de la région, selon les estimations officielles.
Aussi bien pour l’OMS que pour les autres organisations humanitaires, il est difficile de se tenir « prêt à faire face » aux épidémies de méningite. Ses vaccins ne peuvent être administrés tant qu’on ignore les formes de la bactérie qui se propage, puisqu’il en existe de nombreuses formes. De nouvelles recherches, menées par l’OMS et les centres nationaux de recherche ont révélé l’existence d’une nouvelle souche de bactérie de méningite plus résistante.
2006-2007 Insuffisance de vaccins sur le marché africain
En 2006-2007, les actions d’intervention ont été entravées par l’insuffisance de vaccins bon marché à un moment où les fabricants européens s’attachaient à produire de nouveaux vaccins, aux effets plus longs, mais cependant plus coûteux.
La méningite est transmise par une bactérie mortelle, soit par les éternuements ou par la toux. Elle infecte les fines enveloppes qui entourent le cerveau et la moelle épinière. Même lorsqu’elle est diagnostiquée à temps entre 5 et 10% des patients y succombent, dans les 24 à 48 heures qui suivent l’apparition des premiers symptômes. Plusieurs milliers d’autres en gardent des séquelles : lésions cérébrales, perte d’ouïe ou troubles divers. Cette année, entre 25 millions et 30 millions de doses pourraient être obtenues, selon l’OMS. (apic/eni/vb)



