Afrique: Célébration de la Journée de l’Enfant

L’Unicef dénonce les accusations contre les enfants «sorciers»

Dakar, 18 juin 2006 (Apic) Le Fonds des Nations-Unies pour l’Enfance (Unicef) dénonce les accusations contre les enfants «sorciers» d’Afrique. Selon l’organisation, le phénomène existe sous différentes formes, au Bénin, au Gabon, au Nigeria, au Liberia, au Cameroun et en République Démocratique du Congo.

Dans un document sur «la violence contre les enfants en Afrique de l’Ouest et du centre», publié à l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain, célébrée samedi 17 juin, elle souligne que ces enfants sorciers, considérés comme des pouvoir maléfiques, sont souvent rendus responsables des malheurs de la populations locales. «Ils sont chassés de leur famille, marginalisés par la société ou placés dans des centres de rééducation», déplore l’Unicef. «En outre, ajoute-t-il, ils sont fréquemment victimes d’abus et de mauvais traitements, voire de torture pouvant aboutir à leur mort».

Le texte qui fait «un rapide état des lieux» de l’Enfant africain, évoque aussi entre autres, le travail (manuel, domestique), la traite, les violences ordinaires des enfants. Il relève, avec regret, le développement, depuis deux décennies, de l’offre de main-d’oeuvre enfantine, à cause de la paupérisation grandissante des familles et d’un système éducatif «incapable de retenir les enfants à l’école». L’Unicef appelle à luter contre la traite des enfants et les conséquences liées à cette pratique.

Filles vulnérables et exploitées de tous

En plus, elle décrit une situation pénible pour les filles qui travaillent comme domestiques «derrière les portes closes des maisons privées». «Vulnérables et exploitées de tous, difficiles à protéger à cause de l’absence de réglementation», elles sont «exposées aux violences et aux abus sexuels par leurs employeurs ou ceux qui habitent ou fréquentent la maison» où elles travaillent.

Quant aux enfants de la rue, ils vivent des conditions «déplorables» et de nombreux souffrent de maladies diverses, fait observer le rapport de l’Unicef. «Adultes, ils seront analphabètes ou sans expérience professionnelle s’ils survivent à la malnutrition, aux maladies et aux manques de soins (.)».

D’autres tares de l’enfance africaine sont aussi évoquées par l’Unicef, comme les conditions «déplorables» des enfants des rues, l’excision et les mariages précoces, la «stigmatisation» des enfants affectés par le sida, la culture de la violence chez les enfants vivant dans des pays ayant connu des troubles, la violence dans les écoles ou encore les enfants en conflit avec la loi. (apic/ibc/bb)

18 juin 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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