Effervescence dans les marchés africains
Afrique: Célébration dimanche de la traditionnelle fête du mouton
Ibrahima Cissé, correspondant de l’Apic en Afrique de l’Ouest
Dakar, 30 janvier 2004 (Apic) Plus de 500 millions de musulmans d’Afrique célèbrent dimanche 1er février «l’aïd el addha» ou «fête du mouton». Les affaires vont bon train depuis plusieurs semaines dans les marchés aux bestiaux. Des gouvernements et des filières de vente du petit bétail ont pris des mesures contre les manoeuvres de spéculation des intermédiaires.
La fête de tabaski (autre appellation de l’aïd en Afrique) tombe le 1er février cette année. En Afrique, la fête prend chaque année une dimension populaire. Dans tous les pays à présence musulmane, les marchés sont en effervescence depuis plusieurs semaines. Au Maroc, en Tunisie, en Algérie, et partout en Afrique subsaharienne, les gouvernements ont pris des dispositions particulières pour cette fête.
Selon le quotidien marocain, «Libération» de Casablanca, cette année, près de 5,6 millions de moutons et chèvres seront abattues lors de la fête. Selon le ministère de l’agriculture, les disponibilités sur le marché sont suffisantes pour satisfaire la population.
En Tunisie, 15’000 moutons ont été très tôt importés pour éviter toute spéculation. Les autorités locales ont annoncé des contrôles serrés pour lutter contre les intermédiaires qui haussent considérablement les prix, a rapporté le quotidien tunisien, «La presse».
En Côte-d’Ivoire, où l’an dernier la fête est intervenue dans un contexte de guerre, les musulmans la préparent l’édition 2004 avec ferveur. Grâce à la reprise des activités du chemin de fer avec le Burkina-Faso, l’un des plus grands fournisseurs du pays en bétail, des moutons sont disponibles à «toutes les bourses». «Les prix varient entre 30’000 et 150’000 francs CFA (70 à 300 Frs), a déclaré au quotidien «le Patriote» Allaye Guindo, président des marchands de moutons d’Adjamé, un quartier d’Abidjan. Les musulmans ivoiriens prierons pour «le désarmement des coeurs», a indiqué pour sa part, Sékou Sylla, un imam d’Abidjan.
Pénuries artificielles des spéculateurs
«Mouton pour la tabaski, en qualité et en quantité et surtout, à moindre coût», tel est le thème des préparatifs de la fête de l’aïd au Burkina-Faso. Les responsables de la filière viande et bétail du pays se sont engagés à satisfaire le marché local. Ils ont mis en place des mesures de combat contre les spéculateurs qui créent des pénuries artificielles pour faire de la surenchère. «Avec la crise que traverse le pays et qui fragilise les revenus, nous avons décidé de nous impliquer comme jamais auparavant en prenant directement en main la couverture totale du marché ovin et toute la chaîne de distribution afin de réduire l’intervention des intermédiaires», a déclaré à la presse, un responsable de la filière.
A la veille de la fête, le gouvernement sénégalais a ouvert ses frontières aux importateurs de moutons des pays voisins. Il a suspendu les contrôles sanitaires du bétail aux frontières. Le pays n’est pas encore autosuffisant en matière de bétail.
Instaurée en 624, sur ordre divine à Mohamed, l’aïd el addha est célébrée le dixième jour du mois de «zoul hijja» (mois du pèlerinage aux lieux saints de l’islam en Arabie). Elle s’adresse aux musulmans qui ont les moyens de s’acquitter du sacrifice du mouton. Cette fête fait partie des grands actes d’adoration recommandés par le prophète. Elle comprend une prière dans la matinée, suivie de l’immolation de ruminants (chameau, mouton, chèvre) pour perpétuer le geste du patriarche Abraham. Selon l’histoire islamique, pour tester le degré de la foi d’Abrahm, Dieu lui a demandé, en songe, d’immoler son fils Ismaël. Au moment d’exécuter ce rêve, l’enfant a été remplacé par un bélier. (apic/ibc/bb)



