Pour une gestion transparente des revenus de l’or noir
Afrique centrale: Les Conférences épiscopales interpellées par l’industrie pétrolière
Dakar, 23 octobre 2003 (Apic) L’Association des Conférences épiscopales de la Région d’Afrique Centrale (Acerac) milite pour une gestion transparente des revenus de l’or noir, qui devraient profiter réellement aux populations locales. C’est dans ce but que la Commission «Justice et Paix» de l’Acerac met sur pied en novembre prochain à Ndjaména, capitale du Tchad, une réunion sur les «industries d’extraction» dans la sous-région.
L’Acerac est constituée des Conférences épiscopales du Cameroun, de la République Centrafricaine, du Congo Brazzaville, du Gabon, de la Guinée Equatoriale et du Tchad, qui sont tous producteurs de pétroles. Le Tchad territoire désertique, sans accès à la mer, est le dernier en date à en produire et à exporter son or noir, grâce à un oléoduc de 1’000 km qui le relie au Cameroun. L’Eglise catholique dans ces pays exportateurs de pétrole réclame des gouvernements une gestion transparente des revenus tirés de la vente du pétrole, en tenant compte des besoins prioritaires des populations.
La manne pétrolière, souvent un mirage aux effets déstructurants
Les Conférences épiscopales des pays concernés constatent que l’Afrique centrale est certes riche en pétrole et autres ressources naturelles, mais ses habitants figurent parmi les plus pauvres du monde. Les évêques invitent les compagnies pétrolières, les gouvernements, les organismes internationaux et les Eglises des pays occidentaux à aider à mettre fin aux inégalités et aux effets pervers liés à l’industrie pétrolière dans la région. Ils notaient à l’issue de leur rencontre tenue en juillet dernier à Malabo, capitale de la Guinée équatoriale, que «l’harmonie est perturbée dans certaines communautés du fait de la flambée des prix des denrées de première nécessité, des réclamations d’augmentation des salaires, de la recrudescence de la prostitution avec son corollaire le sida, de la perturbation des moeurs et de la destruction obligée de la nature».
La rencontre du mois prochain est organisée avec l’aide du Secours Catholique américain. Cette ONG soutient particulièrement les activités des commissions Justice et Paix, a précisé à l’Apic le président de l’Acerac, le missionnaire oblat d’origine québécoise Jean Claude Bouchard, évêque de Pala, au Tchad.
Mgr Bouchard a également évoqué les difficultés de fonctionnement des organisations catholiques d’Afrique et dressé un bilan des activités de l’Acerac qu’il préside, dans une région en proie à des conflits armés et à des guerres fratricides. L’Acerac a été créée en 1987 et compte 5 commissions: «Justice et Paix», moyens de communication sociale, développement, oeuvres sociales et caritas, éducation catholique. Il s’y ajoute une sous-commission sur le sida. IC/JB
Encadré
Des réalisations remarquables
Depuis sa création, l’Acerac a permis un certain nombre de réalisations, dont l’Université Catholique d’Afrique Centrale (Ucac). Implantée en 1990 à Yaoundé (Cameroun), elle a commencé à fonctionner avec un institut catholique, composé d’une faculté des sciences sociales et de gestion, de facultés de philosophie et de théologie, et d’un département de droit canonique. L’an dernier, un institut supérieur de technologie de l’Ucac a ouvert ses portes à Pointe Noire (Congo Brazzaville). Elle devrait avoir bientôt un prolongement à Douala (Cameroun). L’Acerac compte au total 52 diocèses et 3 préfectures apostoliques. (apic/ibc/be)




