Tentative de meurtre d’un responsable d’Eglise

Afrique du Sud: Cinq figures de l’apartheid seront bientôt jugées

Le Cap, 18 juillet 2007 (Apic) En Afrique du Sud, Adriaan Vlok, ministre de la Police à l’époque de l’apartheid, Johann van der Merwe, chef de la police, et trois comparses seront jugés pour tentative de meurtre a fait savoir le ministère public sud-africain. En 1989, ils avaient tenté d’empoisonner le secrétaire général du Conseil des Eglises.

Panyaza Lesufi, porte-parole du ministère public, a déclaré le 17 juillet que les deux hommes et trois autres anciens hauts responsables de la police sont attendus au tribunal le 17 août. Ils seront jugés pour l’attaque, en 1989, du pasteur Frank Chikane, qui était à l’époque secrétaire général du Conseil des Eglises d’Afrique du Sud, fer de lance de la lutte contre le régime dominé par la minorité blanche, relate l’agence oecuménique ENI.

Premières poursuites contre des responsables de l’apartheid

Il s’agit des premières poursuites lancées contre des responsables des atrocités de l’époque de l’apartheid qui n’avaient pas pu ou pas souhaité bénéficier d’une amnistie de la part de la Commission vérité et réconciliation. Celle-ci était présidée par l’archevêque Desmond Tutu, lauréat du prix Nobel de la paix, aujourd’hui à la retraite.

«Nous avons décidé de lancer des poursuites contre ces cinq hommes, accusés notamment de complot et de tentative d’assassinat contre le pasteur Chikane,» a déclaré à l’agence ENI Panyaza Lesufi. «Nous pensons avoir un dossier solide contre eux et nous sommes prêts à engager les poursuites.» Le pasteur Chikane est désormais directeur général du bureau du président Thabo Mbeki.

Tentative d’empoisonnement chimique

Lors des auditions de la Commission vérité et réconciliation, qui ont eu lieu à la suite des premières élections au suffrage universel en Afrique du Sud, des preuves ont démontré que les vêtements du pasteur Chikane étaient imprégnés de produits chimiques qui attaquaient son système nerveux. Le pasteur tomba mystérieusement malade au cours d’un voyage aux Etats-Unis il y a 18 ans, mais se rétablit après avoir suivi un traitement.

Aujourd’hui âgé de 70 ans, Adriaan Vlok a demandé en septembre 2006 le pardon du pasteur Chikane, allant jusqu’à lui laver les pieds en signe de repentir lors d’une réunion dans la capitale Pretoria.

Panyaza Lesufi a déclaré que les personnes inculpées devaient passer au tribunal en 2004, après avoir omis de faire une demande d’amnistie auprès de la Commission vérité et réconciliation. Cependant, le ministère public avait alors décidé de ne pas engager de poursuites contre eux, affirmant qu’il avait tenté de trouver une solution en entamant des discussions avec une équipe d’avocats représentant les accusés. (apic/eni/bb)

18 juillet 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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