Dans la foulée de l’apartheid encore
Afrique du Sud: Des cantiques divisent le Synode d’une Eglise sud-africaine
Johannesburg, 16 janvier 2009 (Apic) Des cantiques religieux divisent le Synode d’une Eglise sud-africaine. Les restes de l’apartheid… encore et toujours bien présents. Le racisme a décidément encore de «beaux jours» devant lui.
Le Synode d’une Eglise sud-africaine ayant transcendé les clivages raciaux qui existaient pendant l’apartheid n’a en effet pas réussi à accepter que des cantiques soient chantés pendant les services religieux. Il a repoussé sa décision à 2012, soit dix ans après le lancement du débat, indique l’Agence ENI.
Des délégués noirs auraient déclaré que si leurs «cantiques de Sion» n’étaient pas ajoutés aux psaumes et passages bibliques adéquats par un comité spécial mis en place pour régler cette question, la réunification des paroisses traditionnellement «noires» ou «blanches» pendant l’apartheid pourrait être remise en question.
Organisé tous les trois ans, le Synode des Gereformeerde Kerke in Suid-Afrika (GKSA, Eglises réformées d’Afrique du Sud), qui vient de se refermer, s’est tenu dans la ville agricole de Potchefstroom. Pour la première fois, des délégués de paroisses noires et blanches assistaient ensemble à un Synode national.
L’une des décisions finales fut de permettre aux femmes de devenir diacres, et de leur permettre de célébrer les services religieux. Le Synode a par ailleurs décidé de suspendre une décision concernant un autre problème chronique : faut-il utiliser des coupes communes ou des verres individuels pendant la communion.
Surnommés les «buveurs» en raison de la stricte prohibition de l’alcool et de la danse, les membres de l’Eglise ont fait sécession de leur «Eglise mère», la Nederduitse Gereformeerde Kerk (NGK, Eglise réformée néerlandaise), il y a 150 ans, à l’époque de la république du Transvaal, l’un des deux Etats boers du XIXe siècle. La principale raison de ce schisme était que des cantiques étaient chantés dans la NGK, alors que les «buveurs» estimaient qu’une telle pratique était contraire à la Bible et n’exprimait donc pas l’esprit de la parole divine.
Cependant, un certain nombre de paroisses noires se sont constituées pendant la période coloniale britannique et plus tard à l’époque de l’apartheid, lorsque les trois «Eglises soeurs» de la famille réformée interdisaient toute célébration commune du culte avec des paroisses noires. Bien que celles-ci restèrent dans la ligne des traditions et des croyances des paroisses blanches, elles développèrent leur propre approche du chant pendant les services religieux.
Les églises noires intégrèrent également leurs propres versions des cantiques utilisés dans les autres Eglises réformées, les appelant «Sionsgesange» (cantiques de Sion). «Nous les chantions déjà avant ma naissance», a déclaré le pasteur Abel Modise, de KwaThema, près de Johannesburg, récemment élu secrétaire adjoint de la GKSA. «J’ai grandi avec eux.»
Le pasteur Modise a rejeté les inquiétudes qu’une nouvelle scission pourrait avoir lieu. Le comité ayant été chargé de trouver un cadre pour examiner les cantiques et chants dont le contenu ne fait pas directement référence à la Bible n’aura «aucun problème» pour adapter les Sionsgesange, a-t-il expliqué.
Les nouveaux cantiques et chants pourraient être tout d’abord «mis à l’essai», ont indiqué les partisans des Sionsgesange. (apic/eni/pr)



